China Eximbank veut renforcer son soutien aux grands projets du Cameroun

La banque chinoise entend poursuivre son accompagnement financier du Cameroun, après avoir contribué à plusieurs infrastructures majeures du pays. Reçue à Yaoundé par le ministre de l’Économie Alamine Ousmane Mey, sa présidente Wang Chunying a examiné les acquis du partenariat et les nouvelles pistes de financement, notamment dans les infrastructures, les zones économiques spécialisées et le numérique.

La coopération financière entre le Cameroun et la China Export-Import Bank (China Eximbank) se prépare à franchir une nouvelle étape. Le 25 septembre 2026 à Yaoundé, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey, s’est entretenu avec une délégation de l’institution chinoise conduite par sa présidente, Wang Chunying. Au cœur des discussions : le bilan des interventions de la banque au Cameroun et les possibilités d’accompagner de nouveaux projets structurants.

Cette visite intervient dans un contexte où Yaoundé cherche à diversifier ses sources de financement pour accélérer la réalisation des infrastructures et soutenir la transformation de son économie. La venue de Wang Chunying avait d’ailleurs été annoncée quelques jours plus tôt par le chargé d’affaires de l’ambassade de Chine au Cameroun, Li Jianghua, lors d’une audience au ministère des Relations extérieures.

Plus de 1 500 milliards de FCFA déjà mobilisés

Au fil des années, China Eximbank s’est imposée comme l’un des partenaires financiers de plusieurs projets d’envergure au Cameroun. Selon les éléments communiqués à l’issue de la rencontre, environ 1 555 milliards de FCFA de financements ont été mobilisés par l’institution pour soutenir différents investissements dans le pays.

Cette enveloppe a notamment accompagné la construction du port en eau profonde de Kribi, du barrage hydroélectrique de Memve’ele, ainsi que des autoroutes Kribi-Lolabé et Yaoundé-Nsimalen. Le portefeuille comprend également des projets liés à l’accès à l’eau potable, notamment le Projet d’adduction d’eau potable de Yaoundé et ses environs (PAEPYS).

Ces réalisations donnent une dimension concrète à la coopération financière entre les deux pays. Elles témoignent également du poids pris par les financements chinois dans le développement des infrastructures camerounaises au cours des dernières années.

Le portefeuille global de China Eximbank au Cameroun était, selon les données rapportées pour 2023, évalué à environ 3,2 milliards de dollars, soit près de 1 920 milliards de FCFA. Les montants effectivement mobilisés pour les projets évoqués lors de la rencontre sont toutefois estimés à 1 555 milliards de FCFA.

De nouveaux instruments pour financer les priorités nationales

À Yaoundé, les discussions n’ont toutefois pas porté uniquement sur le bilan. Les deux parties ont également exploré les moyens de renouveler et d’élargir cette coopération, dans un environnement où les besoins de financement des grands projets restent importants.

Plusieurs mécanismes sont envisagés, parmi lesquels les financements souverains, les financements mixtes, les investissements directs et les partenariats public-privé. Cette diversification doit permettre de mobiliser différentes catégories de capitaux en fonction de la nature et de la rentabilité des projets.

Les prochaines interventions potentielles de China Eximbank pourraient notamment concerner les infrastructures, les zones économiques spécialisées et le numérique. Ce dernier secteur occupe une place croissante dans les échanges entre Yaoundé et Pékin.

La veille de la rencontre avec Alamine Ousmane Mey, Wang Chunying avait également été reçue au ministère de l’Enseignement supérieur pour faire le point sur le projet E-National Higher Education Network (ENHEN). Ce programme a notamment permis la distribution de 500 000 ordinateurs aux étudiants, la création de dix centres de développement du numérique universitaire et l’interconnexion de plusieurs campus.

L’intelligence artificielle s’invite dans le partenariat

Les discussions sur le numérique ouvrent désormais un nouveau champ de coopération autour des technologies émergentes. Le Cameroun et la Chine ont récemment renforcé leurs échanges sur l’intelligence artificielle, notamment avec la signature, en juillet 2026, de l’accord portant création de l’Organisation mondiale de la coopération en matière d’intelligence artificielle (OMCIA). Trente-huit pays avaient alors signé le texte, selon le ministère camerounais des Relations extérieures.

Dans ce contexte, les échanges entre le MINEPAT et China Eximbank ont mis en avant l’intérêt d’accroître le partage d’expertise et l’intégration des nouvelles technologies dans la conception et l’exécution des projets. L’objectif est notamment de renforcer l’efficacité des investissements dans les secteurs appelés à soutenir la transformation économique.

Un partenariat appelé à évoluer

Pour le Cameroun, la poursuite de cette coopération s’inscrit dans les orientations de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30), qui place notamment les infrastructures, l’industrialisation, la transformation numérique et le développement du secteur productif parmi les priorités nationales.

Le partenariat avec China Eximbank pourrait ainsi évoluer d’un modèle largement centré sur le financement d’infrastructures vers une combinaison plus large d’instruments associant dette souveraine, capitaux privés, investissements directs et partenariats public-privé.

La rencontre du 25 septembre ne débouche pas, à ce stade, sur l’annonce d’un nouveau financement chiffré. Elle confirme en revanche la volonté des deux parties de maintenir le dialogue sur les futurs projets et de rechercher des mécanismes permettant de financer les priorités du Cameroun tout en tenant compte de ses contraintes financières et macroéconomiques.

Après avoir accompagné certains des ouvrages les plus emblématiques réalisés ces dernières années, China Eximbank se positionne ainsi sur une nouvelle phase de la coopération économique avec Yaoundé, avec un portefeuille potentiel qui s’étend désormais des infrastructures classiques aux nouveaux enjeux du numérique et des technologies avancées.

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