
À seulement 19 ans, Maëllys Ngo Mboui vient d’inscrire son nom au palmarès de Miss Cameroun. Franco-Camerounaise originaire de Bamenda et représentante de la diaspora France, la jeune femme a été couronnée samedi 19 septembre 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé, au terme d’une compétition réunissant 27 candidates. Derrière le sourire et la couronne, son parcours se distingue par un solide bagage académique, un intérêt marqué pour les sciences et les technologies et une volonté affichée de promouvoir les jeunes filles dans les filières STEM.
Une couronne qui récompense un parcours singulier
Maëllys Ngo Mboui n’est pas arrivée au concours national comme une inconnue. Quelques mois avant son sacre, la jeune femme avait remporté le titre de Miss Cameroun Diaspora France, en mars 2026. Une première couronne qui lui avait ouvert les portes de la finale nationale et lui permettait également de porter les couleurs du Nord-Ouest, sa région d’origine.
Face à 26 autres prétendantes, elle a finalement décroché le titre de Miss Cameroun 2026. Elle succède ainsi à Audrey Moutongo Black, dont le règne avait pris fin prématurément après sa destitution en février dernier.
Au-delà de son physique et de son aisance sur scène, le profil de la nouvelle reine de beauté se distingue surtout par son parcours universitaire. Maëllys Ngo Mboui est titulaire de deux formations en économie-gestion et en mathématiques-informatique, un double parcours qui tranche avec l’image traditionnelle associée aux concours de beauté.
À 19 ans, elle affiche ainsi un intérêt prononcé pour les disciplines scientifiques et technologiques, qu’elle cherche également à rendre plus accessibles aux jeunes filles.
« Cameroonian Girls in STEM », un engagement au-delà des podiums
Cet engagement se matérialise notamment à travers son projet « Cameroonian Girls in STEM », consacré à la promotion des filles dans les sciences, les technologies, l’ingénierie et les mathématiques.
La jeune reine de beauté s’est également impliquée dans l’organisation d’un hackathon à Bamenda en janvier, avec la participation d’Amazon Web Services. Une initiative qui illustre son intérêt pour l’innovation numérique et pour la formation d’une nouvelle génération de jeunes Camerounaises dans des secteurs encore largement dominés par les hommes.
Son couronnement donne donc une dimension particulière à son mandat. Maëllys Ngo Mboui ne devrait pas seulement être appelée à représenter l’image du Cameroun dans les manifestations officielles et internationales. Son parcours lui offre également la possibilité de porter des messages liés à l’éducation, à l’innovation et à l’autonomisation des jeunes filles.
Une Miss issue de la diaspora, mais profondément attachée au Cameroun
Son parcours raconte aussi une autre histoire, celle d’une jeunesse camerounaise qui évolue entre plusieurs espaces. Née dans la diaspora et représentant la France lors de la compétition, Maëllys Ngo Mboui revendique parallèlement ses origines du Nord-Ouest.
Son sacre intervient ainsi dans un contexte où la place de la diaspora camerounaise dans la vie nationale fait régulièrement débat. Par son parcours, la nouvelle Miss Cameroun illustre cette génération de Camerounais qui vivent, étudient ou travaillent à l’étranger tout en conservant des liens étroits avec leur pays d’origine.
Son élection donne également une visibilité particulière à la contribution de cette diaspora dans la promotion de l’image du Cameroun. Dans le sport, la culture, l’entrepreneuriat ou encore les études, de nombreux jeunes issus de la diaspora continuent de participer au rayonnement du pays. Maëllys Ngo Mboui en devient désormais l’un des nouveaux visages.
Un mandat placé sous le signe de la responsabilité numérique
Le choix du thème de cette édition, consacré à la lutte contre la cybercriminalité, confère par ailleurs une résonance particulière à son élection. Selon Kéza Towa, responsable de la communication du Comité d’organisation Miss Cameroun (COMICA), cette thématique répond notamment aux effets observés des réseaux sociaux sur les jeunes filles et les femmes au cours des dernières années.
Plusieurs candidates avaient d’ailleurs développé des initiatives autour de cette problématique. Samantha Fotsing, par exemple, avait présenté le projet « Cyber Save Africa ». Pour Maëllys Ngo Mboui, ce thème rejoint indirectement son propre univers, marqué par les mathématiques, l’informatique et les nouvelles technologies. Sa connaissance du numérique et son expérience dans les initiatives liées aux STEM pourraient ainsi constituer des atouts pour porter les messages de sensibilisation durant son règne.
Une nouvelle page après les turbulences de 2025-2026
La nouvelle Miss Cameroun prend toutefois les commandes dans un contexte particulier pour le concours. L’édition précédente avait été marquée par la destitution d’Audrey Moutongo Black en février 2026, un épisode qui avait fortement exposé le concours et son organisation sur les réseaux sociaux.
Cette séquence avait également relancé les discussions sur la protection de la vie privée des candidates et des titulaires de la couronne à l’ère numérique.
L’édition 2026 entend désormais ouvrir un nouveau chapitre. Pour Maëllys Ngo Mboui, l’enjeu sera de transformer son sacre en véritable plateforme d’engagement, en cohérence avec son parcours et les thématiques mises en avant par le concours.
Entre la France où elle a grandi dans l’univers de la diaspora, le Nord-Ouest dont elle revendique les origines et Yaoundé où elle vient de recevoir la couronne nationale, son itinéraire résume finalement celui d’une jeunesse camerounaise de plus en plus mobile et connectée.
À 19 ans, Maëllys Ngo Mboui devient ainsi bien plus qu’une reine de beauté : elle incarne, par son parcours académique et ses engagements, une génération qui entend associer élégance, formation, innovation et représentation du Cameroun au-delà de ses frontières.