Cameroun : Nathalie Moudiki met le cap sur la valorisation des nouvelles ressources pétro-gazières

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) et Perenco renforcent leur coopération autour du potentiel pétrolier et gazier du bassin du Rio del Rey. Réunis le 17 septembre 2026 à Yaoundé, les deux partenaires ont fait le point sur les résultats d’exploration et les perspectives de développement de plusieurs structures. Au cœur de ces échanges conduits côté SNH par Nathalie Moudiki, Conseiller n°2, les données disponibles font ressortir plus de 30 millions de barils d’huile et plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz sur Kita-Bokwango, auxquels s’ajoutent 55 milliards de pieds cubes de gaz en place sur le prospect Lungahe.

Le bassin du Rio del Rey continue de concentrer une partie importante des perspectives de croissance de la production camerounaise d’hydrocarbures. Les nouvelles données présentées le 17 septembre 2026 à Yaoundé, lors de la prise de contact avec Julien Gras, nouveau directeur général des filiales camerounaises de Perenco, témoignent de l’importance des travaux d’exploration et d’appréciation engagés par le groupe en partenariat avec la SNH.

Pour la société publique, l’enjeu ne se limite toutefois pas à la découverte de nouveaux volumes. Il s’agit désormais de transformer ces ressources en actifs effectivement valorisables, susceptibles de soutenir la production nationale, les recettes publiques et, surtout, le développement de la filière gazière.

C’est dans cette perspective que Nathalie Moudiki, Conseiller n°2 à la SNH, apparaît au cœur des échanges avec le partenaire pétrolier. En assurant le suivi de ces dossiers aux côtés des équipes de la société nationale, elle participe à la coordination des informations techniques et économiques nécessaires à la préparation des prochaines étapes du partenariat.

Kita-Bokwango : un potentiel de plus de 30 millions de barils

Les travaux réalisés sur les structures Kita et Bokwango, dans le cadre du contrat de partage de production Rio del Rey, ont permis d’identifier, selon les données communiquées par la SNH, plus de 30 millions de barils d’huile et plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz. Perenco apporte des précisions sur Bokwango. Le groupe indique avoir mis en évidence sur cette structure 31 millions de barils de pétrole et 25 milliards de pieds cubes de gaz en place.

Ces chiffres doivent cependant être interprétés avec prudence. Les 31 millions de barils annoncés pour Bokwango ne sont pas présentés comme des réserves commerciales. De même, la notion de gaz « en place » désigne le volume contenu dans le réservoir et ne correspond pas automatiquement à la quantité qui pourra être extraite et vendue. La ventilation des plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz annoncés par la SNH pour Kita-Bokwango reste également à préciser. Les données disponibles ne permettent pas, à ce stade, de déterminer précisément la contribution de chacune des deux structures.

Lungahe ajoute 55 milliards de pieds cubes de gaz

Le potentiel gazier s’étend au-delà de Kita et Bokwango. Dans le cadre du contrat de partage de production Bomana, un forage réalisé sur le prospect Lungahe a permis d’identifier 55 milliards de pieds cubes de gaz naturel en place, selon les informations communiquées par la SNH et Perenco.

Cette découverte ouvre une perspective supplémentaire pour le développement de la composante gazière du Rio del Rey. Mais là encore, le volume annoncé ne constitue pas, à lui seul, une garantie de production future. Les études d’appréciation, le taux de récupération, les investissements nécessaires, les infrastructures disponibles et les conditions économiques devront déterminer la part effectivement récupérable et commercialisable.

Le dossier Lungahe s’inscrit par ailleurs dans un programme de recherche engagé depuis plusieurs années. Le rapport ITIE Cameroun 2023 faisait déjà état de la prorogation de l’autorisation de recherche Bomana accordée en avril 2023 afin de permettre la poursuite des travaux géoscientifiques et la préparation du forage.

Nathalie Moudiki au cœur du passage de l’exploration au développement

Pour la SNH, la prochaine étape consiste désormais à faire passer ces résultats du stade de la découverte à celui de la valorisation économique. Cette transition nécessite un dialogue étroit avec Perenco sur les programmes d’appréciation, les investissements, les conditions contractuelles et les infrastructures nécessaires.

C’est précisément sur ce terrain que le rôle de Nathalie Moudiki, Conseiller n°2 de la SNH, prend une dimension particulière. Les échanges engagés avec la nouvelle direction de Perenco doivent permettre de consolider les données disponibles et de préparer les décisions relatives au développement des champs et à la valorisation du gaz.

La SNH cite notamment parmi les dossiers prioritaires la poursuite des travaux d’appréciation, le développement de Bokwango et la valorisation des ressources gazières du Rio del Rey. Perenco indique pour sa part que ses prochains investissements dans le gaz restent liés à la finalisation du cadre contractuel avec la SNH.

Cette séquence traduit donc un enjeu économique majeur : pour le Cameroun, l’intérêt des nouvelles découvertes réside moins dans les volumes annoncés que dans la capacité à les transformer en production, en recettes et en énergie disponible pour l’économie nationale.

Un programme d’investissement déjà conséquent

Le partenariat entre la SNH et Perenco s’appuie sur plusieurs années d’investissements dans le bassin du Rio del Rey. Le groupe pétrolier affirme avoir investi plus de 1,5 milliard de dollars au Cameroun depuis 2012, notamment dans le forage de puits, les opérations de reconditionnement et les infrastructures. Perenco revendique également le forage d’une centaine de puits sur l’ensemble de ses opérations camerounaises et indique avoir ajouté plus de 240 millions de barils aux réserves au cours de cette période.

Dans le seul Rio del Rey, le groupe fait état de 25 puits forés et d’une cinquantaine d’opérations de reconditionnement, pour une production supplémentaire estimée à près de 13 000 barils par jour.

La SNH avance de son côté une hausse d’environ 7 000 barils par jour de la production nationale grâce au développement complémentaire du champ Rio del Rey durant le mandat du directeur général sortant des filiales camerounaises de Perenco, Yves Postec. Ces deux données ne peuvent toutefois pas être additionnées ou comparées directement, les périmètres et périodes de référence n’étant pas identiques.

Le gaz, prochain levier de croissance

Au-delà du pétrole, la stratégie autour du gaz apparaît comme l’un des principaux enjeux économiques des prochaines années. La SNH évoque notamment une augmentation de 10 MW des capacités de production électrique ainsi qu’un relèvement de 15 millions de pieds cubes par jour des capacités de gaz-lift.

Aucun calendrier précis ni montant d’investissement n’a toutefois été communiqué à ce stade. La réunion du 17 septembre marque ainsi une nouvelle étape dans les relations entre la SNH et Perenco. Pour Nathalie Moudiki et les équipes de la société nationale, le défi consiste désormais à accompagner la transformation des résultats d’exploration en projets industriels concrets.

Dans le Rio del Rey, les volumes annoncés sur Bokwango, Kita et Lungahe renforcent le potentiel du bassin. Leur véritable impact sur l’économie camerounaise dépendra toutefois des décisions d’investissement, de la finalisation des cadres contractuels et de la capacité des partenaires à accélérer leur mise en valeur.

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