
Heureuse d’être au Cameroun, la nouvelle représentante européenne entend inscrire son action dans une logique de dialogue, de proximité et de résultats. Lors de la présentation des copies figurées de ses lettres de créance à S.E. Félix Mbayu, le 4 septembre, elle a exposé une vision fondée sur l’écoute, le rapprochement des acteurs et la transformation des engagements en opportunités concrètes pour les Camerounais.
« Écouter pour comprendre. Relier pour créer des opportunités. Agir pour obtenir des résultats. » C’est autour de cette philosophie que la nouvelle dynamique du partenariat entre l’Union européenne et le Cameroun entend se construire.
La présentation des copies figurées des lettres de créance auprès de S.E. Félix Mbayu, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé de la Coopération avec le Commonwealth, a ainsi constitué un premier moment diplomatique placé sous le signe de l’engagement et de la coopération.
Au-delà du caractère protocolaire de cette rencontre, le message porté met en évidence une ambition plus large : donner davantage de contenu économique, social et humain au partenariat entre Yaoundé et Bruxelles.
La jeunesse au cœur des priorités européennes
L’un des principaux enjeux affichés par l’Union européenne concerne la jeunesse camerounaise. Avec une population particulièrement jeune, le Cameroun dispose d’un important potentiel humain, mais doit également relever le défi de l’insertion professionnelle, de la formation et de la création d’activités génératrices de revenus.
Dans cette perspective, l’Union européenne entend notamment soutenir le développement des compétences professionnelles et techniques, l’acquisition de compétences numériques et l’accès des jeunes à l’emploi et à l’entrepreneuriat. La coopération européenne accorde également une attention particulière à l’inclusion des femmes et des groupes vulnérables.
L’objectif est donc de passer d’une logique d’assistance à une logique d’opportunités : former davantage, accompagner l’initiative privée, faciliter l’accès au financement et permettre aux jeunes de participer directement à la transformation de l’économie camerounaise.
Créer davantage de passerelles entre les économies
L’autre axe majeur réside dans le rapprochement entre les secteurs privés camerounais et européens. L’Union européenne cherche à renforcer le dialogue avec les entreprises locales, à faciliter leur accès aux instruments de financement et à favoriser un environnement plus propice à l’investissement. En 2026, la Délégation de l’UE au Cameroun a notamment renforcé son dialogue avec le secteur privé autour des mécanismes de financement européens et de la stratégie Global Gateway.
Cette orientation traduit une évolution importante du partenariat : l’Europe veut davantage mobiliser les entreprises, les banques et les investisseurs afin que la coopération produise des effets économiques mesurables.
Pour le Cameroun, l’enjeu est considérable. Il s’agit d’attirer davantage de capitaux, de favoriser la création d’emplois, d’améliorer la compétitivité des entreprises locales et de permettre aux produits camerounais d’accéder à davantage de marchés.
Global Gateway, un levier pour les infrastructures et la transformation économique. Cette ambition s’inscrit également dans la stratégie européenne Global Gateway, qui vise à soutenir des investissements durables dans des secteurs stratégiques comme l’énergie, le numérique, les transports, la santé, l’éducation et la recherche.
Au Cameroun, cette approche se traduit déjà par le soutien à des projets structurants. Le secteur énergétique constitue notamment un axe important, avec le financement européen d’infrastructures destinées à renforcer l’accès à une électricité plus fiable et à accompagner la transition vers des sources d’énergie moins carbonées.
L’ambition européenne est ainsi de contribuer à la construction d’une économie camerounaise plus connectée, plus compétitive et davantage capable de répondre aux exigences de la transition écologique et numérique.
La nouvelle approche défendue repose surtout sur une volonté de dépasser les déclarations d’intention. « Écouter pour comprendre » signifie mieux prendre en compte les priorités exprimées par le Cameroun. « Relier pour créer des opportunités » renvoie à la nécessité de rapprocher les institutions, les entreprises, les investisseurs, les jeunes et les acteurs de la société civile. Enfin, « agir pour obtenir des résultats » traduit une exigence d’efficacité dans la mise en œuvre des projets.
Cette logique rejoint l’approche dite Team Europe, qui rassemble l’Union européenne, ses États membres et leurs institutions financières autour d’initiatives communes afin de renforcer l’impact des investissements et de mobiliser davantage le secteur privé.
Un partenariat appelé à changer d’échelle
À travers cette nouvelle impulsion, l’Union européenne veut donc consolider un partenariat qui ne se limite plus à la coopération institutionnelle ou à l’aide au développement. Il s’agit désormais de renforcer les chaînes de valeur, soutenir l’investissement privé, développer les compétences, accélérer la transition énergétique et numérique et créer davantage d’emplois.
Pour le Cameroun, cette orientation ouvre des perspectives dans un contexte où la diversification économique, l’industrialisation et l’insertion des jeunes constituent des priorités majeures.
Le message porté à Yaoundé est finalement clair : l’Union européenne entend rester un partenaire stratégique du Cameroun, mais avec une coopération davantage tournée vers l’investissement, l’innovation, la création de valeur et les résultats concrets. L’objectif est de construire des passerelles durables entre les deux économies et de faire du partenariat UE-Cameroun un véritable instrument au service de la jeunesse et de la croissance.