Cameroun : l’auteur présumé des faux décrets destinés à la CRTV écroué à Kondengui


Plus de deux mois après l’épisode qui avait suscité de nombreuses interrogations à Yaoundé, l’affaire des faux décrets destinés à être lus sur les antennes de la CRTV connaît un nouveau développement. Johann Adriel Sitchom Kuate a été placé en détention provisoire à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui. Il est notamment poursuivi pour « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État avec complicité de puissances étrangères ».


L’affaire des faux documents officiels remis à la radio nationale camerounaise entre dans une nouvelle phase judiciaire. Johann Adriel Sitchom Kuate est incarcéré depuis mardi 11 août 2026 à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui, à la suite de l’enquête ouverte après son passage dans les locaux de la CRTV, en juin dernier.

Les faits remontent au 12 juin 2026. Ce jour-là, Johann Adriel Sitchom Kuate se rend au siège de la radio publique, situé au quartier Nlongkak, à Yaoundé. Il se présente avec plusieurs documents qu’il affirme être des actes officiels devant, selon lui, être portés à la connaissance du public.

Parmi les pièces présentées figure un prétendu décret présidentiel annonçant la nomination d’un vice-président de la République. La présentation du document aurait, dans un premier temps, pu lui donner l’apparence d’un véritable acte administratif. Mais les agents de la CRTV auraient rapidement nourri des soupçons sur son authenticité.

Dans le fonctionnement habituel des médias publics camerounais, les décrets présidentiels importants sont notamment portés à la connaissance de la population à travers leur lecture à l’antenne. C’est précisément ce mécanisme que le suspect aurait cherché à exploiter en demandant que les documents soient diffusés.

Face aux doutes suscités par cette démarche, les responsables de la CRTV alertent les autorités compétentes. À cette période, le président Paul Biya se trouve à Genève, où il séjourne depuis le 7 juin. Les vérifications effectuées permettent alors d’établir que le décret présenté à la radio n’est pas authentique.

Plus troublant encore, le prétendu acte de nomination mentionne le nom de Johann Adriel Sitchom Kuate lui-même comme bénéficiaire du poste de vice-président. Un élément qui renforce les interrogations autour de l’objectif poursuivi par l’intéressé et de la préparation éventuelle de cette opération.

L’affaire, qui aurait pu apparaître au départ comme une simple tentative individuelle ou un acte isolé, prend ainsi une dimension beaucoup plus sensible. Les enquêteurs cherchent désormais à déterminer si Johann Adriel Sitchom Kuate a agi seul ou s’il a bénéficié de soutiens extérieurs.

L’enquête ouverte après les faits a finalement débouché sur des poursuites particulièrement lourdes. Le suspect est désormais accusé de « tentative d’atteinte à la sûreté de l’État avec complicité de puissances étrangères ». Cette qualification judiciaire donne à l’affaire une portée bien plus importante que celle d’une simple falsification de documents administratifs.

La justice camerounaise devra donc établir les circonstances exactes de la fabrication et de la transmission de ces faux décrets, mais aussi déterminer l’éventuelle existence de complices ou de soutiens étrangers. À ce stade, les éléments disponibles ne permettent pas encore de savoir si l’opération relevait d’une initiative personnelle ou d’une entreprise organisée.

En attendant l’issue de la procédure, Johann Adriel Sitchom Kuate reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés. Son placement à la prison centrale de Yaoundé-Kondengui marque néanmoins une étape importante dans une affaire qui avait fortement alimenté les interrogations sur la sécurité des documents officiels et les mécanismes de communication institutionnelle au Cameroun.

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