Transport urbain : le projet de Bus Rapid Transit de Douala entre dans sa phase opérationnelle

Longtemps annoncé sans véritable avancée sur le terrain, le projet de Bus Rapid Transit (BRT) de Douala enregistre un premier pas concret avec l’attribution du marché du premier lot de travaux routiers. Cette étape marque le début de la mise en œuvre d’un ambitieux programme destiné à transformer durablement les déplacements dans la métropole économique camerounaise.

Le projet de Bus Rapid Transit (BRT), présenté comme l’une des principales réponses aux difficultés de mobilité à Douala, amorce enfin sa phase de réalisation. Le 14 juillet 2026, le premier marché de travaux a été attribué à l’entreprise chinoise China First Highway Engineering Company (CFHEC), pour un montant de 18,6 milliards de FCFA.

Ce premier contrat concerne l’aménagement de 12,6 kilomètres de voiries stratégiques. Les travaux, dont la durée d’exécution est fixée à 18 mois, comprennent la réhabilitation des trottoirs, la modernisation des systèmes de drainage, l’installation d’un éclairage public alimenté à l’énergie solaire, la mise en place de nouveaux feux de signalisation ainsi que la construction d’abris destinés aux futurs usagers du réseau de transport.

Cette première phase s’inscrit dans un projet beaucoup plus vaste visant à doter Douala d’un système de transport collectif rapide et performant. À terme, le réseau devrait être composé de quatre lignes principales, totalisant près de 28 kilomètres de couloirs exclusivement réservés aux bus. Le dispositif prévoit également la création de 48 stations et de cinq gares multimodales destinées à faciliter les correspondances avec les autres modes de transport urbain.

Les autorités municipales affichent leur volonté de faire avancer ce dossier. Le maire de Douala, Roger Mbassa Ndine, a indiqué que les ressources financières déjà mobilisées seront utilisées de manière optimale afin d’assurer une mise en œuvre progressive du projet. Toutefois, malgré la signature du marché, aucune date officielle n’a encore été annoncée pour le lancement effectif des travaux sur le terrain.

Cette absence de calendrier précis nourrit les interrogations d’une partie de la population. Les habitants de Douala gardent en effet le souvenir de plusieurs projets d’infrastructures lancés avec de fortes attentes, mais dont la réalisation a connu d’importants retards ou des interruptions prolongées.

Un autre défi majeur concerne la coordination entre les différents acteurs intervenant sur les réseaux urbains, notamment Camwater pour l’eau potable et Eneo pour l’électricité. L’absence de synchronisation entre les travaux routiers et les interventions sur les réseaux souterrains a souvent conduit à la dégradation précoce des chaussées nouvellement réhabilitées. Pour les observateurs, une meilleure gouvernance et une planification concertée seront indispensables afin d’éviter la répétition de ces situations.

Si toutes les étapes sont menées à bien, le Bus Rapid Transit pourrait profondément modifier les habitudes de déplacement dans la capitale économique, en offrant une alternative plus rapide, plus sûre et plus fiable aux embouteillages qui paralysent quotidiennement la circulation. En attendant le démarrage effectif du chantier, le projet continue de susciter autant d’espoirs que de prudence auprès des usagers.

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