Cameroun : le gouvernement prolonge le recensement jusqu’au 15 septembre pour atteindre les populations encore non dénombrées

Le quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4) bénéficiera d’un nouveau délai. Par un arrêté signé le 31 juillet 2026, le Premier ministre Joseph Dion Ngute a prorogé les opérations jusqu’au 15 septembre prochain. Cette deuxième prolongation vise à améliorer la couverture nationale d’une opération stratégique confrontée à des défis logistiques, financiers, sécuritaires et géographiques.

Le gouvernement camerounais accorde un nouveau sursis au quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-4). Initialement prévue pour s’achever le 31 juillet 2026 après une première prolongation, cette vaste opération statistique se poursuivra finalement jusqu’au 15 septembre prochain. La décision a été officialisée par un arrêté signé le 31 juillet par le Premier ministre, Joseph Dion Ngute.

Cette nouvelle échéance traduit la volonté des autorités de garantir une couverture aussi exhaustive que possible de la population nationale. Une période complémentaire de ratissage est ainsi prévue sur l’ensemble du territoire afin d’atteindre les ménages, les personnes et les exploitations agricoles qui n’ont pas encore été recensés.

Lancé le 24 avril 2026, le RGPH-4 est mené simultanément avec le Recensement général de l’agriculture et de l’élevage, une mutualisation destinée à optimiser les moyens humains et financiers. Toutefois, cette opération d’envergure, la première du genre depuis le recensement réalisé en 2005, a rapidement été confrontée à plusieurs difficultés ayant ralenti son déroulement.

Parmi les principaux obstacles figurent les retards dans le paiement des agents recenseurs, qui ont provoqué des mouvements de contestation sur le terrain, ainsi que des contraintes logistiques liées à l’ampleur du territoire national. À ces difficultés se sont ajoutées une adhésion parfois limitée de certains ménages, des barrières linguistiques dans plusieurs localités et des défis sécuritaires persistants dans les régions touchées par les crises.

Selon les chiffres communiqués par la Commission nationale chargée du recensement, environ 60,4 % de la population avait été dénombrée à la fin de la première phase des opérations. Ce niveau de couverture, jugé insuffisant par les autorités, a motivé la décision de prolonger une nouvelle fois la collecte des données.

Dans plusieurs grandes agglomérations, notamment Yaoundé et Douala, certains habitants affirment ne jamais avoir reçu la visite d’agents recenseurs. L’extension rapide de ces villes, avec l’apparition de nombreux quartiers périphériques insuffisamment intégrés dans les bases cartographiques, a compliqué le travail des équipes de terrain.

À l’inverse, les responsables du recensement assurent que d’importants efforts ont été déployés pour atteindre les populations vivant dans les zones les plus difficiles d’accès. Les équipes ont notamment poursuivi leurs missions dans les régions affectées par l’insécurité, les camps accueillant des réfugiés ainsi que les localités abritant des communautés autochtones et des minorités, en particulier dans la région de l’Est où des opérations spécifiques ont récemment été menées.

Le principal défi des semaines à venir sera donc de recenser les populations les plus isolées ou les plus mobiles, souvent absentes lors des premiers passages des agents. Les autorités misent sur cette phase de ratissage pour réduire les omissions et améliorer la qualité des données collectées.

Les résultats de ce quatrième recensement revêtent une importance stratégique pour le Cameroun. Ils permettront d’actualiser les statistiques démographiques nationales, de mieux connaître la répartition de la population et des activités agricoles, mais aussi de disposer d’indicateurs fiables pour la planification des politiques publiques. Les données recueillies serviront notamment à orienter les investissements dans les secteurs de l’éducation, de la santé, des infrastructures, de l’emploi, de l’aménagement du territoire et du développement rural.

Alors que les estimations actuelles situent la population camerounaise entre 25 et 30 millions d’habitants, le gouvernement espère que cette dernière prolongation permettra d’obtenir des données plus complètes et représentatives de la réalité démographique du pays. L’enjeu dépasse la simple production de statistiques : il s’agit de doter le Cameroun d’un outil essentiel pour planifier son développement au cours des prochaines années.

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