Cameroun : après 50 jours d’absence, le silence autour de Paul Biya alimente les interrogations


Près de deux mois après son départ pour un séjour privé en Europe, le président camerounais Paul Biya n’est toujours pas réapparu publiquement. En l’absence de communication officielle sur son lieu de séjour ou la date de son retour, les interrogations se multiplient au sein de la classe politique, tandis que l’opposition évoque une situation préoccupante pour la conduite des affaires de l’État.

La dernière apparition publique du président Paul Biya remonte au 7 juin 2026. Ce jour-là, le quotidien gouvernemental Cameroon Tribune avait publié une photographie montrant le chef de l’État en compagnie de son épouse, Chantal Biya, au moment de quitter le Cameroun pour ce que la présidence avait présenté comme « un court séjour privé en Europe ».

Depuis cette annonce, aucune nouvelle communication officielle n’est venue préciser le pays où séjourne le président, ni indiquer la durée exacte de son déplacement ou une éventuelle date de retour au Cameroun. Cette longue absence alimente les réactions de plusieurs formations politiques et personnalités de la société civile, qui s’interrogent sur le fonctionnement des institutions.

Le professeur Aba’a Oyono, présenté comme un soutien d’Issa Tchiroma Bakary, estime que le pays se trouve dans une situation assimilable à une « vacance du pouvoir ». De son côté, le Social Democratic Front (SDF), dirigé à l’Assemblée nationale par Joshua Osih, considère que le Cameroun fonctionne désormais en « pilotage automatique ». Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) avance, pour sa part, que le pays est gouverné en mode « télétravail », en référence à l’absence prolongée du chef de l’État sur le territoire national.

Le gouvernement reste discret

Parallèlement aux critiques politiques, les spéculations sur l’état de santé du président se sont multipliées sur les réseaux sociaux et dans certains médias. À ce stade, aucune information officielle ne permet toutefois de confirmer ces rumeurs.

Le gouvernement n’a pas communiqué sur ces spéculations ni sur les conditions du séjour du chef de l’État. La seule réaction officielle est venue du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC). Par la voix de son secrétaire national à la communication, le parti présidentiel a rejeté les accusations de vacance du pouvoir, affirmant que « le président est au travail », sans toutefois préciser le lieu où il exerce ses fonctions.

L’absence prolongée du président continue ainsi d’alimenter le débat public sur la gouvernance et la communication institutionnelle au Cameroun. Tandis que l’opposition réclame davantage de transparence sur la situation du chef de l’État, les autorités maintiennent leur ligne de communication, affirmant que les institutions fonctionnent normalement malgré l’absence physique du président.

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