Cameroun : le gouvernement lance un programme pour accompagner 200 projets privés à fort potentiel

Le gouvernement camerounais entend renforcer le rôle du secteur privé dans la création de richesse et d’emplois. À travers un nouvel appel à projets, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) prévoit de sélectionner 200 initiatives entrepreneuriales qui bénéficieront d’un accompagnement technique et financier destiné à favoriser leur croissance et à dynamiser les économies locales.

Dans le cadre de sa stratégie de développement économique, le Cameroun souhaite soutenir des entreprises capables de transformer davantage les ressources locales et de renforcer les chaînes de valeur nationales. L’appel à projets, lancé le 10 juillet 2026, vise à identifier des initiatives présentant un fort potentiel de création d’emplois, de génération de revenus et d’industrialisation des filières agricoles et artisanales.

Les projets retenus devront contribuer à accroître la valeur ajoutée produite localement grâce à des activités de production, de transformation, de commercialisation ou encore à la fourniture de services innovants au profit des acteurs économiques.

Un programme financé par l’Union européenne

Cette initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au développement économique par la promotion des chaînes de valeur et de l’initiative privée (PAD-CV). Mis en œuvre sous la coordination du Minepat et financé par l’Union européenne, ce programme est déployé sur une période de quatre ans.

Son ambition est de renforcer la compétitivité des petites entreprises, de stimuler les investissements productifs et d’encourager l’émergence d’activités génératrices de valeur dans plusieurs régions du pays. Le dispositif est ouvert aux très petites, petites et moyennes entreprises (TPME), aux coopératives, aux Groupements d’initiative commune (GIC) ainsi qu’aux Groupements d’intérêt économique (GIE) régulièrement constitués.

Les candidats devront développer leurs activités dans des filières considérées comme stratégiques pour l’économie nationale. Sont notamment concernés le cacao, le manioc, le maïs, le riz, le mil, le sorgho, l’anacarde, le coton-textile, le cuir ou encore le bois.

Le programme encourage également les projets intégrant des solutions numériques destinées à améliorer la production agricole, la transformation des produits, la gestion des exploitations ou leur commercialisation. Les investissements porteront principalement sur cinq régions jugées prioritaires : l’Extrême-Nord, le Nord, l’Est, le Sud et le Sud-Ouest.

À travers ce programme, les pouvoirs publics souhaitent réduire la commercialisation des produits agricoles à l’état brut, qui limite les revenus des producteurs et prive l’économie nationale d’une partie importante de la valeur créée. En favorisant l’installation d’unités de transformation, de conditionnement ou de valorisation des productions locales, le gouvernement espère développer des filières plus intégrées, améliorer la compétitivité des entreprises et accroître les retombées économiques dans les territoires.

Les projets liés à la mécanisation, aux équipements agricoles, aux services techniques ou aux innovations technologiques destinées à améliorer la productivité pourront également être retenus.

Un accompagnement au-delà du financement

L’originalité du dispositif réside dans l’accompagnement proposé aux promoteurs sélectionnés. Au-delà d’un éventuel appui financier, les bénéficiaires recevront un soutien personnalisé afin de consolider leurs projets et d’améliorer leur attractivité auprès des investisseurs. Le programme prévoit notamment un accompagnement pour élaborer ou renforcer les plans d’affaires, structurer les investissements, améliorer la gouvernance des entreprises et développer les compétences entrepreneuriales.

Les porteurs de projets seront également mis en relation avec des banques et des établissements financiers afin de faciliter l’accès au crédit, un obstacle majeur pour de nombreuses PME camerounaises. Les candidatures devront être soumises exclusivement en ligne durant une période de trois mois. Une première phase de présélection reposera sur une évaluation automatisée des dossiers.

Trois principaux critères seront pris en compte : le profil de l’entreprise et de son promoteur, les performances économiques enregistrées au cours des deux derniers exercices, ainsi que la qualité, la pertinence et la faisabilité du projet présenté. À l’issue de cette étape, les 200 meilleurs dossiers seront examinés par un comité chargé de désigner les bénéficiaires définitifs.

Le programme prévoit également une attention particulière en faveur des entreprises dirigées par des femmes ainsi que des jeunes entrepreneurs de moins de 35 ans, dans l’objectif de favoriser une croissance plus inclusive.

En misant sur le développement de l’initiative privée, le gouvernement espère faire émerger des entreprises capables de créer des emplois durables, d’accélérer la transformation industrielle des productions locales et de renforcer la compétitivité des principales chaînes de valeur nationales. Le succès de cette initiative dépendra toutefois de la capacité des projets retenus à accéder effectivement aux financements, à concrétiser leurs investissements et à s’imposer durablement sur leurs marchés.

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