
Routes, barrages, infrastructures agricoles, accès à l’eau potable ou encore soutien aux petits producteurs : les financements de la Banque africaine de développement (BAD) continuent de produire des résultats au Cameroun. Réunis à Yaoundé pour la revue à mi-parcours du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028 et l’évaluation du portefeuille des projets en cours, le gouvernement camerounais et la BAD ont dressé un bilan globalement positif, tout en soulignant la nécessité d’améliorer le rythme d’exécution afin d’accroître l’impact des investissements sur les populations.
Le Cameroun et la Banque africaine de développement (BAD) poursuivent leur partenariat autour des grands chantiers de développement du pays. Le 14 juillet, le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat) et le Bureau régional de la BAD pour l’Afrique centrale ont organisé à Yaoundé un atelier consacré à la revue à mi-parcours du Document de stratégie pays (DSP) 2023-2028, combinée à l’examen annuel du portefeuille des projets financés par l’institution.
Les travaux, coprésidés par le ministre Alamine Ousmane Mey et le directeur général du Bureau régional de la BAD pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, avaient pour objectif d’évaluer les progrès réalisés, d’identifier les contraintes persistantes et de définir les priorités pour les prochaines années.
Des réalisations dans plusieurs secteurs clés
À mi-parcours de sa stratégie d’intervention, la BAD met en avant plusieurs résultats jugés significatifs dans les domaines des infrastructures, de l’énergie, de l’agriculture et du développement social.
Parmi les principales réalisations figurent la construction de 571 kilomètres de routes bitumées, contribuant à améliorer la mobilité des personnes et des marchandises à travers le pays. L’inauguration du pont sur le fleuve Logone, infrastructure stratégique reliant le Cameroun au Tchad, constitue également l’un des projets emblématiques soutenus par la Banque.
Dans le secteur énergétique, les mises en service des barrages hydroélectriques de Nachtigal et de Lom Pangar renforcent progressivement les capacités nationales de production d’électricité, avec pour ambition de répondre à la demande croissante des ménages et des entreprises.
Le secteur agricole bénéficie lui aussi de plusieurs investissements structurants. La BAD a notamment accompagné la construction de 30 magasins de stockage, 26 marchés spécialisés pour la viande et le poisson ainsi que 25 systèmes d’adduction d’eau potable, destinés à améliorer les conditions de vie des populations rurales et à réduire les pertes post-récolte.
L’institution financière a également soutenu les politiques publiques en faveur des petits exploitants agricoles, notamment à travers la prise en charge par l’État de 30 % du coût des engrais, facilitant ainsi leur accès aux intrants agricoles. Des actions spécifiques ont également permis d’améliorer l’accès des femmes aux parcelles irriguées afin de renforcer leur contribution à la production agricole.
Un portefeuille en expansion
Au-delà des réalisations physiques, la Banque africaine de développement note une progression du portefeuille des projets qu’elle finance au Cameroun.
En l’espace de trois ans, le nombre d’opérations est passé de 23 à 30 projets, traduisant un renforcement de l’engagement financier de l’institution dans le pays. Selon la BAD, la qualité globale du portefeuille s’est également améliorée, avec une diminution du nombre de projets considérés comme étant en difficulté, malgré quelques retards observés lors du démarrage de certaines opérations.
L’enjeu majeur reste le rythme des décaissements
Si les performances enregistrées sont jugées encourageantes, les deux partenaires reconnaissent que plusieurs défis demeurent. Le principal concerne la vitesse d’exécution des projets et le niveau de consommation des ressources financières mobilisées. Bien que le portefeuille représente un volume d’investissements supérieur à 1 500 milliards de FCFA, le taux de décaissement reste inférieur à 30 %, limitant l’impact des financements sur le terrain.
Pour le directeur général de la BAD pour l’Afrique centrale, Léandre Bassolé, cette situation impose une accélération des procédures afin que les investissements produisent plus rapidement leurs effets sur la croissance économique, l’industrialisation, l’agriculture, l’accès à l’énergie et la création d’emplois.
Lever les obstacles pour maximiser les retombées
Même constat du côté du gouvernement camerounais. Le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey, a salué les progrès réalisés grâce au partenariat avec la BAD tout en appelant les différentes administrations concernées à lever les contraintes administratives et techniques qui ralentissent l’exécution des projets.
Selon lui, l’objectif n’est pas seulement d’augmenter le volume des investissements, mais surtout de garantir que les populations bénéficient rapidement des infrastructures et des services financés. Il estime que les performances déjà enregistrées démontrent la solidité du partenariat entre le Cameroun et la Banque africaine de développement, tout en soulignant que des efforts supplémentaires restent nécessaires pour améliorer le taux d’utilisation des financements disponibles.
À travers cette revue à mi-parcours, la BAD et le gouvernement réaffirment ainsi leur volonté commune d’accélérer la mise en œuvre des projets structurants afin de soutenir la transformation économique du Cameroun, de renforcer la compétitivité du pays et d’améliorer durablement les conditions de vie des populations.