
À peine un an après son inauguration, la cimenterie de Figuil, dans la région du Nord, suspend ses activités pour une durée indéterminée. En cause : une grave pénurie d’électricité qui affecte le Réseau interconnecté Nord et fragilise davantage l’activité économique dans cette partie du pays.
La crise énergétique qui secoue actuellement le nord du Cameroun vient de frapper un acteur majeur du secteur industriel. La cimenterie de Figuil (CIMFIG), présentée comme l’un des projets industriels les plus importants du septentrion, a été contrainte de stopper sa production en raison d’un manque d’approvisionnement en électricité.
L’annonce a été faite le 2 juin à travers une communication adressée à sa clientèle. La direction de l’entreprise y informe de l’arrêt temporaire et non planifié de ses installations, sans être en mesure de préciser une date de reprise. Cette décision fait suite à la suspension de son alimentation électrique par la Société camerounaise d’électricité (Socadel), chargée de la distribution de l’énergie dans le pays.
Selon l’entreprise énergétique, cette mesure exceptionnelle est liée à une crise majeure qui affecte actuellement la région du Nord. Face à l’insuffisance de la production et de la disponibilité de l’électricité, certaines unités industrielles à forte consommation ont dû être déconnectées afin de préserver l’équilibre du réseau.
Les conséquences sont importantes pour la cimenterie. Les chaînes de production sont désormais à l’arrêt et de nombreux travailleurs se retrouvent temporairement sans activité. Cette situation soulève également des inquiétudes pour les secteurs dépendants du ciment, notamment le bâtiment et les travaux publics.
Inaugurée en juin 2025, l’usine de Figuil avait mobilisé un investissement estimé à près de 50 milliards de francs CFA. Les autorités voyaient alors dans cette infrastructure un levier de développement économique pour le nord du pays, avec la création d’emplois et la valorisation des ressources locales.
Conçue pour répondre à la demande croissante du marché camerounais, la CIMFIG joue également un rôle dans les échanges commerciaux sous-régionaux. Une partie de sa production est destinée à l’exportation vers des pays voisins tels que le Tchad et le Nigeria. Son arrêt pourrait donc avoir des répercussions au-delà des frontières camerounaises.
Cette interruption met en lumière les défis persistants du secteur énergétique national. Alors que le Cameroun ambitionne d’accélérer son industrialisation, la stabilité de l’approvisionnement électrique demeure un enjeu crucial pour garantir la continuité des activités économiques et attirer de nouveaux investissements.