Révision constitutionnelle au Cameroun : Maurice Kamto interpelle l’Union africaine

Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a saisi l’Union africaine pour contester la récente révision constitutionnelle instaurant un poste de vice-président. Le parti d’opposition y voit une remise en cause des principes démocratiques et alerte sur les risques d’une dérive institutionnelle.

La tension politique s’intensifie au Cameroun après l’adoption, début avril, d’une loi révisant la Constitution et introduisant la fonction de vice-président. Portée par les autorités, cette réforme vise à encadrer la succession au sommet de l’État en cas de vacance du pouvoir. Désormais, un vice-président, nommé et non élu, pourrait achever le mandat présidentiel sans passer par les urnes.

Une disposition qui suscite une vive contestation au sein de l’opposition. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), dirigé par Maurice Kamto, dénonce un « changement anticonstitutionnel de gouvernement ». Dans un communiqué publié le 23 avril, le parti annonce avoir saisi Union africaine afin d’obtenir une réaction des instances continentales.

Au cœur des critiques : la désignation d’un successeur potentiel au chef de l’État sans consultation populaire. Pour le MRC, cette mesure viole le principe fondamental du suffrage universel et contrevient aux dispositions constitutionnelles encadrant les révisions. Le parti estime notamment que l’article 64, qui interdit toute modification portant atteinte aux principes démocratiques, a été enfreint.

Dans le mémorandum adressé aux organes de l’Union africaine, l’opposition met également en avant un contexte politique jugé préoccupant, marqué par le report répété des élections législatives et municipales depuis 2024. Selon elle, ces reports contribuent à fragiliser la légitimité des institutions et à prolonger indûment les mandats en cours.

En s’appuyant sur les instruments africains relatifs à la gouvernance démocratique, le MRC appelle à l’adoption de mesures contre les autorités camerounaises. Le parti met en garde contre les risques d’une crise politique durable si ces évolutions institutionnelles se poursuivent.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités n’a été rendue publique. Mais cette saisine de l’Union africaine marque une nouvelle étape dans le bras de fer entre le pouvoir et l’opposition, dans un climat politique déjà tendu.

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