
Selon le rapport de situation de décembre 2025 publié parle le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA), la région de l’Extrême-Nord du Cameroun a enregistré 24 808 nouveaux déplacés (soit 3 637 ménages) au cours de l’année 2025.
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun reste l’un des principaux foyers d’insécurité. Dans son rapport publié le 25 février 2026, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) dresse un bilan préoccupant pour l’année 2025.
Selon l’agence onusienne, « à la fin du mois de décembre, le cumul annuel de l’impact de l’insécurité s’élevait à au moins 399 personnes tuées, 457 blessées, 562 enlevées. Seize engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts ou utilisés, cinq écoles attaquées, cinq centres de santé intégrés ciblés. Par ailleurs, 24 808 personnes (soit 3 637 ménages) ont été déplacées ».
Près de 2 400 enfants souffrant de malnutrition sévère sévère ont été pris en charge, malgré une couverture limitée et des ressources réduites. Plus de 70 nouveaux cas de protection de l’enfance ont été pris en charge. Au moins 22 000 personnes ont bénéficié de nouvelles infrastructures d’approvisionnement en eau, d’hygiène et d’assainissement dans les zones affectées par l’insécurité et les inondations. Plus de 11 500 personnes ont bénéficié de distributions d’abris d’urgence et d’articles ménagers essentiels. Au moins 5 000 sacs de sable ont été mobilisés, dans le cadre de l’action anticipatoire, pour limiter le risque d’inondation à Blangoua.
Ces chiffres traduisent la persistance d’un environnement sécuritaire volatil, marqué par les attaques de groupes armés non étatiques (GANE), des incidents intercommunautaires récurrents et des risques de catastrophes naturelles. L’impact humanitaire est multidimensionnel : déplacements forcés, entraves à l’accès humanitaire et aggravation des besoins sociaux.
Pour le seul mois de décembre, OCHA relève « au moins 26 personnes tuées, 17 blessées, 25 enlevées et une école attaquée ». Ces incidents ont provoqué le déplacement de 4 256 personnes (606 ménages) dans les départements du Logone et Chari (Hilé Alifa, Blangoua) et du Mayo-Sava (Mora, Kolofata).
A en croire Stopblablacam, dans le Logone et Chari, un incident à Makary a directement visé du personnel humanitaire. Une résidence a été attaquée par des individus armés d’objets contondants, qui ont emporté de l’argent, des téléphones, des batteries externes et des tablettes. L’épisode illustre les risques croissants auxquels sont exposées les ONG locales et internationales. Les infrastructures éducatives restent également ciblées. À Choloba, une école primaire a été démantelée par des assaillants, compromettant davantage l’accès à l’éducation dans une zone déjà fragilisée.
Dans le Mayo-Tsanaga, près d’une centaine de combattants ont attaqué le village de Djibrili le 1er décembre, tuant deux civils, incendiant des habitations et pillant vivres et bétail. Les GANE continuent par ailleurs de s’en prendre aux populations dans les champs pour s’approprier les récoltes, accentuant l’insécurité alimentaire.