
Par une ratification présidentielle stratégique, le chef de l’État Paul Biya vient de sceller l’accord bilatéral de transport aérien entre Yaoundé et Doha. Plus qu’une simple autorisation de vol, cet acte marque un tournant majeur pour la connectivité du Cameroun et le repositionnement de ses plateformes aéroportuaires.
Le décret présidentiel ratifiant l’accord signé entre le Cameroun et le Qatar n’est pas passé inaperçu dans les milieux d’affaires. En ouvrant officiellement le ciel camerounais à Qatar Airways, désignée à plusieurs reprises « Meilleure compagnie aérienne au monde », Yaoundé envoie un signal fort de libéralisation et d’ambition continentale.
L’enjeu premier de ce cadre légal dépasse la simple liaison point à point. L’objectif affiché par le gouvernement est de transformer les aéroports internationaux de Douala et de Yaoundé-Nsimalen en véritables « hubs » régionaux.
En intégrant le réseau de la compagnie qatarie, le Cameroun espère capter une partie du flux de passagers en transit vers l’Afrique centrale. Cette connectivité accrue est un levier de croissance pour le tourisme d’affaires et facilite l’accès direct aux marchés dynamiques du Golfe.
Pour le passager camerounais, l’arrivée de ce géant des airs est une bouffée d’oxygène. L’entrée en scène de Qatar Airways vient briser certains monopoles de fait sur les routes vers l’Asie et le Moyen-Orient.
Baisse des tarifs : La concurrence directe sur ces segments devrait mécaniquement entraîner une révision à la baisse des prix des billets. Qualité de service : L’alignement sur les standards internationaux de Qatar Airways obligera les autres compagnies opérant au Cameroun à hausser leur niveau de prestation.
Quel avenir pour Camair-Co ?
L’analyse économique ne serait complète sans évoquer le sort de la compagnie nationale, Camair-Co. Si l’arrivée d’un tel prédateur peut effrayer, l’accord prévoit des mécanismes de transfert de savoir-faire.
Le défi pour l’Étoile du Cameroun sera de transformer cette menace en opportunité via des accords de partage de codes (code-sharing) ou une assistance technique au sol. La montée en compétence des personnels navigants et techniques locaux est l’un des bénéfices indirects attendus de ce partenariat bilatéral.
En ratifiant cet accord, le Cameroun parie sur l’attractivité. Dans un contexte de mise en œuvre de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), la maîtrise du ciel est un atout souverain. Reste désormais à voir à quelle fréquence les dérives empennées de l’oryx qatari rayeront le ciel camerounais, et surtout, comment les infrastructures au sol s’adapteront à ce nouveau standing international.