
Un avion médicalisé a atterri ce 16 janvier à Yaoundé, en provenance de Suisse, avant de poursuivre sa route vers l’Afrique du Sud. À son bord : le président de l’Assemblée nationale camerounaise, très malade.
Selon les informations recoupées à bonnes sources, un avion médicalisé en provenance de Zurich, en Suisse, a atterri aux environs de 3 heures du matin ce 16 janvier à l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, avant de repartir peu après en direction de l’Afrique du Sud. Dans cet avion, se trouve Cavaye Yéguié Djibril, qui est très malade,. Il a été évacué en Afrique du Sud pour des soins médicaux.
Âgé de 86 ans, Cavaye Yéguié Djibril n’avait pas pris part aux récentes cérémonies de présentation des vœux au chef de l’État, Paul Biya, ni à celles organisées au sein de l’Assemblée nationale, alimentant depuis plusieurs jours des interrogations sur son état de santé. Aucune communication officielle n’a, pour l’heure, précisé la nature exacte des soins qu’il doit recevoir, ni la durée de son séjour médical à l’étranger.
Cette évacuation intervient toutefois dans un contexte où la santé des hautes personnalités de l’État suscite une attention particulière au sein de l’opinion publique. Les autorités parlementaires n’ont pas encore réagi officiellement à cette information.
Le président de l’Assemblée nationale est l’un des parlementaires les plus anciens du pays. Au contraire du président du Sénat, ce dernier a effectué une majeure partie de sa vie professionnelle comme élu de la Chambre basse. Né en 1940, Cavaye Yeguie Djibril devient député pour la première fois en 1973. Après une parenthèse de quatre ans comme adjoint au préfet du Diamaré, dans l’Extrême Nord, il revient à l’Assemblée nationale en 1992. Il n’a plus jamais quitté le parlement et est, depuis cette date, le président de l’Assemblée nationale.
Cette position fait du lamido de Mada, dans le Mayo-Sava à l’Extrême-Nord, la 3e personnalité du pays et le véritable tenant du pouvoir législatif. Malgré la mise en place du Sénat, à l’analyse de la navette parlementaire, dans l’essentiel des cas, les textes de loi sont en dernier ressort soumis à l’examen de l’Assemblée nationale. Mais plutôt que de contrôler l’action du gouvernement, le chef traditionnel s’est davantage positionné en soutien de l’exécutif
En une trentaine d’années au perchoir, la moindre proposition de loi n’a jamais été examinée et la seule demande de commission d’enquête parlementaire qui a prospéré concerne l’ancien ministre des Postes et Télécommunications Mounchipou Seidou. C’était en 1999. Depuis plus rien ! Et pourtant, les demandes ne manquent pas.