Cameroun : comment Neptune oil veut faire oublier le bois de chauffe

Longtemps restée dans l’ombre des géants du secteur en tant que simple convoyeur, l’entreprise Neptune Oil s’émancipe et lance son propre assaut sur les cuisines camerounaises. 

Avec l’étiquette « Neptune Gaz », l’opérateur ne se contente plus de distribuer les marques des autres, il installe sa propre signature bleue dans un marché du gaz domestique en pleine ébullition. En fixant une consigne agressive à 15 000 FCFA pour son lancement, le groupe ne vise pas seulement une part de marché, il cherche à fracturer les habitudes de consommation pour imposer une nouvelle norme de proximité et de fiabilité depuis son bastion d’Akwa, au cœur de Douala.

L’ambition est chiffrée avec une précision chirurgicale : 100 000 bouteilles en circulation d’ici 2026. Derrière cette logistique de masse, se cache un enjeu de santé publique et de préservation environnementale, Francis Ntonè Moussinga positionnant le gaz comme l’alternative salvatrice face aux ravages du bois de chauffe et du charbon. C’est une guerre contre la déforestation qui se joue dans chaque rack de 200 bouteilles installé en station-service. L’opérateur fait le pari que la sécurité et la disponibilité constante seront les clés pour convaincre les ménages urbains et les PME de franchir le pas de la transition énergétique, portant ainsi le taux de pénétration du gaz à 60 % dans les trois prochaines années.

La véritable plus-value de cette stratégie réside dans l’hybridation des services. Neptune Oil ne vend pas qu’une bouteille de métal, elle vend une expérience de confort moderne en mariant son réseau physique à un dispositif numérique de commande en ligne. Proposer la livraison et l’installation à domicile pour un coût total d’acquisition de 21 500 FCFA est un coup de maître logistique qui élimine les derniers freins psychologiques des consommateurs. Si le défi de la gestion des stocks est immense dans un secteur souvent marqué par les pénuries, l’approche intégrée de Neptune pourrait bien redéfinir les standards d’efficacité d’un marché camerounais en quête de souffle nouveau.

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