
Le Cameroun se déconnecte de l’application Flexicadastre et sera exclu de l’ITIE (initiative pour la Transparence dans l’industrie extractive). Pendant que d’autres pays se battent pour attirer des investisseurs dans leur secteur minier, en mettant leur cadastre minier en ligne, voilà que le ministère des mines du Cameroun se déconnecte du Flexicadastre.
Les instructions fermes du chef de l’État, de faire du Cameroun une destination minière qui aboutira à la création d’emplois pour nos jeunes ingénieurs des mines et géologie ne semble avoir eu aucun effet sur le ministère en charge des Mines.
Décidément rien ne va plus dans notre secteur minier. Il est devenu un refuge pour des aventuriers, charlatans et autres spéculateurs. Depuis le 3 novembre 2025, le cadastre minier en ligne(https://eu.demo.landfolio.com/MaintenanceCameroon/ ) du Cameroun a été mis hors service par le partenaire sud africain -Spatial Dimension-qui, sur financement de la Banque mondiale, avait vu son offre de mettre le cadastre minier camerounais en ligne à travers son application »Flexycadastre », acceptée en 2016.
C’est de toute évidence un acte de sabotage orchestré par les cadres du ministère des Mines qui, depuis la mise en ligne du cadastre minier, se plaignaient à qui voulait l’entendre qu’on leur a retiré leur »mangement ».
Pourtant, c’est la sous direction des mines qui, pour motiver la mise du cadastre minier en ligne déclarait ceci dans une présentation en 2017:
État des lieux et problématique
1- le chevauchement et l’empiècement des titres miniers entre eux;
2-les périodes d’attente trop longues des investisseurs;
3-la non tenue du registre des titres miniers;
4- la carte cadastrale minière inexistante;
5-le manque de transparence dans le processus d’attribution et de renouvellement des titres miniers;
Dans la même présentation de la sous direction des mines, les objectifs visés par la mise en ligne du cadastre minier étaient de :
1-assurer la transparence et l’efficacité dans le processus d’octroi des titres miniers;
2-assurer la sécurité des titres miniers et la traçabilité des données cadastrales ;
3- empêcher les chevauchements et les superpositions des titres miniers;
4- accroître la diligence dans le traitement des dossiers;
5-stimuler les investissements dans le secteur minier;
6- assurer la transparence;
7- efficacité dans la gestion des droits miniers.
Que s’est il donc passé ?
Pour avoir travaillé comme le gestionnaire des titres miniers du groupe minier bresilien Vale en Afrique, moyen orient et Asie; pour avoir utilisé Flexicadastre qui est une application du cabinet Sud-Africain africain Spatial Dimension, il n’y a que trois raisons pour être mis hors-service :
– soit le Cameroun n’a pas honoré à ses engagements financiers et a vu sa licence d’utilisation de l’application ne pas être renouvelée ;
-soit le Cameroun n’a pas respecté les termes et références de l’accord avec le cabinet -Spatial Dimension-en matière de transparence dans la gestion de l’application et s’est vu mis hors service
-soit le Cameroun s’est unilatéralement retiré de cette application au profit peut être d’une autre application, ce qui serait étonnant, car l’application Flexicadastre est assez étendue en Afrique (plus de 20 pays africains utilisent à ce jour, cette application).
En plus, l’une des Normes clé de L’ITIE demande à ses pays membres, de mettre obligatoirement leur cadastre minier en ligne pour consultation gratuite par les opérateurs, les investisseurs et tous les usagers.
Quel est le rapport entre L’ITIE et le Flexicadastre ?
L’ITIE (Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives) est un cadre mondial de transparence, tandis que Flexicadastre est un système de gestion et de visualisation en ligne des licences d’exploration et de production minières. L’ITIE, et plus spécifiquement le Cadastre minier électronique (un exemple de système comme Flexicadastre), permettent aux pays de rendre publiques, les informations sur l’octroi des licences, répondant ainsi à l’Exigence 2.3.b de la Norme ITIE, qui exige des registres de licences à jour et accessibles.
Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE)
• Objectif : S’assurer que les richesses des ressources naturelles bénéficient à l’ensemble des citoyens grâce à la transparence et la rentabilité.
• Exigences clés : L’ITIE exige la divulgation d’informations concernant le cadre légal, l’octroi des licences et les contrats dans le secteur extractif.
• Principe : Faciliter la compréhension de la gestion du secteur, lutter contre la corruption et maximiser les recettes publiques.
Flexicadastre
• Définition : Un système informatique qui permet de gérer et de consulter en ligne les informations relatives aux licences d’exploitation minière.
• Fonctionnement : Il agrège les données du cadastre minier (qui répertorie les permis) et les rend consultables via un portail internet.
• Lien avec l’ITIE : Flexicadastre est un outil spécifique qui aide les pays à respecter les exigences de l’ITIE concernant la publication des données sur les licences d’exploration et de production minières.
Relation entre ITIE et Flexicadastre
• Application de la Norme : L’ITIE impose que les pays mettant en œuvre ses normes, disposent d’un système de cadastre transparent, et Flexicadastre est un exemple de tel système utilisé par certains pays, comme le Cameroun, pour satisfaire cette exigence.
• Transparence : En utilisant un système comme Flexicadastre, les pays peuvent rendre publiques des informations cruciales sur l’octroi des licences, telles que les titulaires, les zones géographiques, et les matières premières concernées, ce qui est une exigence fondamentale de l’ITIE.
Depuis quand le Cameroun a son cadastre minier en ligne ?
En févier 2017, sûr financement de là Banque mondiale, le Cameroun a un cadastre minier moderne, informatisé, opérationnel ; où lés opérateurs miniers pouvaient vérifier en ligne la disponibilité dès espaces libres du domaine minier, avoir dès informations sûr les titres miniers existants(nom du titre,titulaire,substance recherchée, date d’octroi et expiration, superficie etc….)
« Flexicadastre » a été conçu avec l’appui d’un cabinet Sud-Africain du nom de _Spatial Dimension_ . Ce cabinet a mis sur pied cette application dans plus 30 pays dans le monde. Notamment, en Côte d’Ivoire, République démocratique du Congo, Guinée Conakry, Kenya, Tanzanie, Mozambique, Perou, etc.
À l’époque déjà, dans une présentation faite par Georges Luc Olinga Moantsoga, sous-directeur du cadastre minier, il déclarait ceci: « Flexicadastre » est « la volonté affirmée du gouvernement de favoriser, encourager et promouvoir les investissements dans le secteur, en vue de contribuer davantage au développement économique et social ». À terme, ce système informatisé devrait permettre de garantir la bonne gestion des données minières et de s’assurer que les procédures d’attribution sont transparentes et fiables.
Les Conséquences de la mise en berne du cadastre minier informatisé au Cameroun
-impossible pour les opérateurs miniers de vérifier en ligne là disponibilité des espaces libres, ce qui nous ramène immédiatement dans les années avant Flexicadastre où tout se marchandait au niveau de la sous direction du cadastre minier. Les opérateurs miniers sérieux se trouvaient obliger de débourser des millions de Fcfa auprès des agents de la sous-direction du cadastre minier pour avoir des informations sur des espaces libres.
Selon les informations concordantes provenant des opérateurs miniers, depuis deux semaines, ils sont non seulement obligés de faire la quête au niveau de la sous-direction du cadastre minier, mais encore de corrompre les agents pour obtenir des informations qu’ils vérifiait gratuitement en ligne encore au mois d’octobre 2025.
-Sans le cadastre minier en ligne, nous courons le très grand risque d’avoir des permis qui vont se superposer, de voir la collecte de la taxe superficialité s’amincir, de perdre totalement le contrôle sur la gestion des titres miniers.
– le rêve du Cameroun de devenir une destination minière sera réduit au minimum
– la création d’emplois pour les jeunes dans le secteur minier tant voulu par le chef de l’État restera une promesse de campagne ;
-Étant déjà sous le coup d’une suspension, le Cameroun court un très gros risque de se voir exclu de l’ITIE pour violation flagrante de la Norme ITIE 2.3b.
Que Faire?
– il faut dissoudre la direction générale des mines du MINMIDT
– remettre à leur administration d’origine tout le personnel
– organiser les états généraux souverains des mines
Dr Bareja Youmssi
Expert en mines et pétrole
Enseignant – Chercheur