
Pour recenser les gens en zone de crise au Cameroun, il faut utiliser des méthodes adaptées aux déplacements fréquents et aux conditions de sécurité, comme le recensement nomade ou des enquêtes ciblées dans des échantillons limités, tout en veillant à la sécurité des agents de recensement et en mobilisant le soutien des ONG et des Nations Unies.
En prélude au recensement général de la population, de l’agriculture et de l’élevage prévu en 2026, le gouvernement camerounais, avec l’appui technique de la FAO et de l’UNFPA, a lancé la phase test d’une stratégie de recensement innovante dans les zones affectées par les crises sécuritaires.
Face aux défis posés par les zones difficiles d’accès du fait de l’insécurité dans certaines régions du Cameroun, le gouvernement, avec le soutien de ses partenaires techniques, a lancé un test terrain d’une stratégie novatrice de recensement, combinant méthodes hybrides et observation de la terre. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du quatrième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH) et du Recensement général de l’agriculture et de l’élevage (RGAE). Depuis 2019, ces deux opérations sont mutualisées en une démarche intégrée, permettant non seulement d’optimiser les coûts, mais aussi d’offrir une vision plus complète du développement socio-économique national.
Grâce à l’appui technique de l’UNFPA et de la FAO, cette mutualisation bénéficie d’un dispositif rigoureux d’assurance qualité, garantissant le respect des normes internationales et la fiabilité des données produites. Toutefois, les zones affectées par les crises dans le Nord-Ouest, le Sud-Ouest et l’Extrême-Nord posent un défi majeur à la couverture exhaustive du recensement.
Pour y répondre, une stratégie innovante a été élaborée. Elle repose sur une combinaison de méthodes : le recensement hybride, qui intègre données classiques, images satellites, ainsi que les enquêtes par sondage et la méthode d’observation de la terre, qui utilise la télédétection pour estimer les superficies cultivées et les types de cultures.
Un test terrain a été lancé le 21 octobre 2025 dans les localités de Bamenda, Buea, Fongo Tongo et Mora. Il vise à évaluer la faisabilité, la fiabilité et l’efficacité de cette approche avant son adoption généralisée. Le test, qui durera jusqu’au 7 novembre 2025, comprend plusieurs phases clés à savoir : la préparation logistique, la collecte de données, la modélisation géospatiale, l’analyse des résultats et la diffusion des conclusions. Les données recueillies permettront de valider la stratégie avant son déploiement à grande échelle dans les zones de crise.
« Les retours des responsables communautaires indiquent que la population accueille favorablement, voire avec enthousiasme, cette initiative, la considérant comme une préparation au recensement général. Je suis convaincu que l’opération sera un succès », a déclaré Abba Abdouraman, Sous-préfet de Buea, dans la région du Sud-ouest.
Source : Fao