
Dans une situation comme celle que traverse le Cameroun, ce pays a besoin de tous ses fils. Il revient à la classe intellectuelle de rendre possible la sortie de crise à ouvrant l’espoir d’un à-vrnir.
C’est le sens de mon billet car je crois que je le doit à ce pays qui nous est cher à tous. Je réfléchis aux voies de la pacification sociopolitique loin des appels à la violence et loin de l’hypocrisie des simples appels à la paix alors même tout semble être fait par les acteurs pour créer une situation d’implosion sociale. On ne peut résoudre la crise post-électorale. Sans comprendre le vote de punition et de désir profond de rupture que représente le choix de Issa TChiroma Bakary (ITB)
Le vote pour ITB constitue juste un prétexte d’expression de la lassitude du peuple face à un pouvoir qui n’a que trop durer et dont on peine à savoir qui le dirige réellement. L’image du président- fantôme et d’un pouvoir vide a été exploitée a à fond par ITB. Le vote de ce dernier est plus un vote de rupture avec un poste de président géré en sous-traitance par un personnage dont la condescendance n’a d’égale que les médailles qu’il s’est donné avec sa clique au mépris du rapport de la chambre des comptes sur la gestion des fonds de la CAN qui les a nommément indexés. Mais ITB est en passe de passer du prétexte au texte lui-même. Plus grave, le fait que les émeutiers ciblent les denrées alimentaires attestent que l’on est en présence d’un vote de rupture contre la précarisation des conditions de vie des Camerounais. Le candidat Biya en paye le prix.
Tous ces éléments permettent de dire que le vote pour ITB n’est pas l’expression d’un choix par affection. Il s’est agi de punir un personnel gouvernant condescendant et qui par dessus le marché ne se soucie pas de la dégradation des conditions de vie des Camerounais. Puisqu’il peut s’adonner aux détournement même en pleine situation de menace contre la vie de ces derniers comme l’indique le rapport de la chambre des comptes sur la gestion des fonds covid-19.
C’est pour cela que pour calmer le jeu, il faut non pas des discours, mais des actes de rupture montrant le désir d’une véritable rupture. Toute parole dans une telle situation qui n’est pas accompagnée d’actes nourrissant l’espoir de lendemains meilleurs et d’un changement de paradigme de la délivrance des biens et services collectifs ne pourra trouver l’écho des attentes des émeutiers. Il est donc que le pouvoir que l’on dit vide se redonne rapidement une figure à travers des actes fort. L’un de ces actes pourrait être un nouveau gouvernement avec de nouvelles figures sur fond juvénilisation du personnel gouvernant. Le redémarrage de l’opération Épervier pour punir ceux qui sont à la base du désir populaire de punition que représente le vote pour ITB.
*Par Claude Abé, Professeur de sociologie