
Le marché camerounais du Mobile Money est en pleine ébullition. Face à une concurrence féroce, menée notamment par l’arrivée retentissante de la fintech américaine Wave, les opérateurs historiques se lancent dans une course effrénée à la gratuité et à l’accessibilité.
Ce qui était autrefois une source de revenus majeure pour les opérateurs se transforme en champ de bataille. Après une première réduction timide de 25% sur les frais de retrait en octobre 2024, MTN Mobile Money (MoMo) a décidé d’adopter une stratégie de pénétration radicale, mais conditionnée à l’usage de son application dédiée.
Pour les utilisateurs de l’Application MoMo (MoMo App), les nouvelles sont : les frais de dépôt, les paiements marchands et les frais de transfert d’argent sont désormais à 0%, c’est-à-dire totalement gratuits. Seuls les frais de retrait subsistent, avec un taux symbolique de 1% hors taxedésormais appliqué.
Cette refonte tarifaire aligne, voire dépasse, l’offre de son rival direct, Orange, qui avait déjà entamé la bataille des prix en juillet 2025 en réduisant les frais de retrait via son application Max it de 1,5% à 1% et en annulant totalement les frais de transfert.
L’ombre de Wave : le véritable catalyseur
Pour les analystes du secteur financier, cette vague de réduction des frais n’est pas une simple œuvre de bienfaisance. Elle est la réponse stratégique à l’entrée sur le marché de la fintech unicorne Wave.
Depuis son lancement officiel le 11 août 2025, Wave a bouleversé les règles du jeu. Adossée à la Commercial Bank Cameroun (CBC) et détentrice d’une licence e-money de la COBAC, son modèle économique, axé sur des frais ultra-réduits et transparents, force les mastodontes à revoir leurs marges pour éviter une fuite massive de leur clientèle, notamment celle des petits montants et des zones rurales.
L’intensification de la concurrence, avec l’arrivée de Wave et de nouveaux acteurs comme Camtel (Blue Mobile Money), promet une période passionnante.
Au final, le grand gagnant de cette guerre des prix est incontestablement l’utilisateur camerounais, qui voit le service financier le plus populaire devenir, enfin, véritablement abordable.