Cameroun – élection présidentielle : l’Etat perd-il déjà le Nord?

Alors que le Cameroun attend toujours la proclamation des résultats de l’élection présidentielle, prévus pour le lundi 27 octobre, les incertitudes et des protestations ont marqué certaines régions. Notamment au Nord, où de nouvelles manifestations ont été enregistrées.

Le Cameroun est en proie à l’incertitude et à la peur alors que les citoyens attendent les résultats de l’élection présidentielle. L’ancien ministre Issa Tchiroma Bakary, désormais opposant et candidat du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) lors de la présidentielle, a appelé ce mercredi 22 octobre les Camerounais à manifester si le Conseil constitutionnel venait à proclamer des « résultats falsifiés et tronqués ». Issa Tchiroma Bakary a par ailleurs réaffirmé sa certitude d’être le vainqueur de la dernière élection présidentielle.

Le verdict du Conseil constitutionnel, seule institution habilitée à proclamer le vainqueur du scrutin, sera déterminant pour l’avenir post-électoral de ce pays d’Afrique centrale qui compte environ 30 millions d’habitants.Peu après le scrutin du 12 octobre, plusieurs régions du pays ont été secouées par des manifestations, des violences et le chaos. Pour certains analystes, ces manifestations étaient les premiers signes avant-coureurs d’événements encore plus graves à venir une fois les résultats annoncés. La revendication de victoire de Tchiroma a séduit de nombreuses personnes surtout dans la partie septentrionale du pays, qui semblent peu disposées à accepter des résultats contraires à leurs souhaits.

Relativement épargnée jusqu’ici, la ville de Ngaoundéré, la capitale régionale de l’Adamaoua, a connu ses premières échauffourées. Plusieurs centaines de manifestants pour Issa Tchiroma Bakary y ont investi les rues, chantant à la gloire du candidat du FSNC. Des témoins rapportent qu’ils ont essayé de prendre d’assaut le lamidat de la ville, le siège de l’autorité traditionnelle, sans finalement y parvenir.

Toujours dans le septentrion, les villes de Mora, Guider et Kaélé ont aussi connu des manifestations. Là aussi, des partisans de Issa Tchiroma Bakary ont bruyamment revendiqué sa victoire. Avec l’entrée en scène Ngaoundéré, les trois régions septentrionales, l’Adamaoua, le Nord, l’Extrême-Nord sont celles où les manifestations pro-Tchiroma sont les plus intensives et quasi quotidiennes. À côté de ces revendications, de nombreux appels au calme et à la retenue sont lancés dans les médias par les autorités, les chefs religieux et divers leaders d’opinion. Le gouvernement camerounais a décrété un couvre-feu à Garoua, le fief du candidat Bakary, de 20 heures à 5 heures du matin jusqu’à nouvel ordre.

Dans les grandes villes, en l’occurrence à Yaoundé et Douala, beaucoup ont fait le choix de renforcer les provisions pour leurs familles. Les centres commerciaux et les marchés connaissent une affluence plus importante Divers établissements scolaires ont fait également le choix de fermer momentanément les portes, au moins jusqu’à lundi prochain, jour annoncé pour la proclamation des résultats définitifs de cette élection présidentielle.

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