
Les campus universitaires sont entrés dans une zone de turbulence ce 9 octobre. Las de l’inertie et du dialogue stérile, le personnel d’appui des universités d’État a lancé un mouvement de grève illimitée. Vêtus de noir, ces agents essentiels réclament l’application d’accords salariaux signés et dénoncent une marginalisation professionnelle qui menace l’intégrité même du service universitaire.
Le ras-le-bol face à l’inertie de l’État. C’est le sentiment qui anime le personnel d’appui au sein des universités d’Etat au Cameroun qui a débuté une grève ce jeudi 10 octobre 2025. Cette décision radicale intervient après l’épuisement, selon le Collectif, de « toutes les voies de dialogue » face à des revendications qualifiées de « légitimes ».
Le message visuel est frappant : les grévistes sont majoritairement vêtus de noir, un symbole fort qui marque à la fois le deuil de leur dignité professionnelle et leur détermination à ne pas reculer. Le mot d’ordre est d’ailleurs strict : le mouvement sera mené sans désordre, misant sur l’arrêt des services pour faire pression.
Les trois raisons d’une colère profonde
Les membres du personnel d’appui (secrétaires, techniciens, administratifs…) ne portent pas uniquement sur des questions de revenus ; elles touchent à la reconnaissance et au respect de leur corps de métier. Elles se concentrent sur trois points essentiels :
L’application immédiate de la grille salariale. Le Collectif exige l’entrée en vigueur immédiate de la grille salariale consensuelle pourtant issue d’un accord interministériel. Pour les agents, son non-respect est la preuve d’un profond mépris.
Le paiement des arriérés « juste et conforme ». Les personnels dénoncent des retards chroniques et des sommes jugées incomplètes, les considérant comme une marginalisation professionnelle systématique.
Enfin, la fin de l’accaparement des postes : C’est un point sensible. Les grévistes demandent la fin des pratiques qui voient des postes de responsabilité administrative être attribués à du personnel extérieur à l’université, notamment des enseignants du secteur des instituteurs. Ils estiment que ces nominations illégitimes mettent en doute le professionnalisme et la compétence des personnels d’appui formés pour ces fonctions.
Le mouvement, qui prend effet à compter du 9 octobre et se poursuivra jusqu’à la satisfaction de l’ensemble des points, place les administrations universitaires sous haute pression. L’enjeu est désormais double : le gouvernement et les recteurs réussiront-ils à trouver rapidement une voie de sortie pour éviter une crise durable qui nuirait gravement au semestre académique ?
Le personnel d’appui l’a clairement signifié : la grève durera jusqu’à ce que la dignité et l’épanouissement de leur corps de métier soient garantis. Une grève qui est lancée à quelques jours du scrutin pour l’élection du président de la République…