Cameroun – Election présidentielle 2025 : la société civile appelle à voter dans les zones anglophones

Au Cameroun, la campagne électorale est fortement perturbée dans les deux régions à majorité anglophone, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Depuis la rentrée scolaire, les groupes armés séparatistes font circuler des mots d’ordre de « ville morte » pendant cette période de campagne.

La campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 12 octobre 2025 dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest se déroule dans un contexte particulier.  Alors que les groupes armés séparatistes ont décrété les samedis et dimanches comme jours ouvrables ; les lundis, mardis, mercredis, jeudis et vendredis sont marqués par des « villes mortes » quasi généralisées. L’atmosphère à Bamenda, par exemple, est palpable : marchés et commerces sont fermés, et les forces de l’ordre sont massivement déployées.

Les populations nourrissent des espoirs légitimes de paix, de sécurité et de reconnaissance, mais sont confrontées aux réalités du « lockdown » séparatiste et à la complexité des enjeux politiques.

Figure de la société civile anglophone, Ayah Abine, président de la fondation Ayah basée à Buea, appelle les belligérants, groupes armés comme État, à tout mettre en œuvre pour permettre aux citoyens anglophones pour la présidentielle et à ne pas exclure ces deux régions du processus électoral.

« L’économie est à terre. Les écoles ne fonctionnent pas. Il n’y a pas grand-chose qui bouge vraiment, et c’est déplorable. Les courageux sortiront. Moi, par exemple, j’irai voter en espérant vraiment que tout se passera bien. Mais beaucoup n’auront pas ce courage de faire face à des hommes armés », déclare-t-il au micro de notre journaliste du service Afrique de RFI Amélie Tulet.

Il espère que « d’ici là, il y aura quand même une entente pour que les gens puissent élire leur président. C’est extrêmement important pour voir s’ils adhèrent à la politique de notre président, surtout vis-à-vis de ce qu’ils vivent actuellement depuis sept à huit ans. C’est très important parce que là, ils vont envoyer un message fort à Monsieur Biya , lui dire « nous sommes avec vous » ou « nous ne sommes pas avec vous ». Les exclure de ce processus-là, c’est une faute politique extrêmement grave ».

Depuis le début de la crise en 2017, les régions anglophones vivent sous le double étau des violences séparatistes et de la répression militaire. À l’approche du scrutin, la mobilisation électorale apparaît donc comme un enjeu politique et symbolique majeur : permettre à ces populations de participer au choix national malgré l’insécurité, ou les exclure de fait d’un processus qui décidera de l’avenir du pays.

Laisser un commentaire