Cameroun-Tchad : Yaoundé scelle un nouvel accord de coopération militaire

Le Cameroun et le Tchad ont franchi une étape décisive dans leur partenariat sécuritaire. Les ministres de la Défense des deux nations, Joseph Beti Assomo (Cameroun) et Issaka Maloua Djamous (Tchad), ont signé un accord militaire bilatéral à Yaoundé, marquant une nouvelle phase dans leur lutte commune contre l’insécurité transfrontalière.

La cérémonie, qui s’est tenue dans la salle des Actes du Ministère camerounais de la Défense, a officialisé un cadre juridique destiné à encadrer et renforcer la coopération militaire. Comme l’a souligné Joseph Beti Assomo, cet instrument juridique formalise un partenariat appelé à se développer davantage, fruit de la « très haute impulsion » des Chefs d’État, les Présidents Paul Biya et Mahamat Idriss Déby Itno. Son homologue tchadien, Issaka Maloua Djamous, a insisté sur l’urgence d’agir : « Il serait avantageux pour nous de nous pencher sur cette frontière pour la sécuriser afin que les populations retrouvent la quiétude. »

Cet accord est une réponse directe aux multiples menaces sécuritaires qui pèsent sur la sous-région. Les deux pays partagent une frontière terrestre de plus de 1 200 km, une zone particulièrement vulnérable.Dans son allocution, Joseph Beti Assomo a rappelé le contexte difficile, la menace persistante de la secte terroriste Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad et la circulation illicite des armes dans la sous-région, alimentant l’instabilité.

Le ministre a également réaffirmé l’engagement du Cameroun au sein de la Force Multinationale Mixte (FMM), soulignant que cet accord traduit une volonté commune de bâtir une sécurité collective face à des défis qui ne connaissent pas de frontières.

Stabiliser la zone des trois frontières

Le Général Issakha Malloua Djamous a élargi le champ de la coopération en évoquant la situation tendue dans la zone des trois frontières (Cameroun–Tchad–RCA), où des groupes armés continuent de semer le trouble.Le ministre tchadien a plaidé pour une coopération « dynamique et durable », capable de restaurer la paix et la stabilité régionale. L’accord vise ainsi à consolider les liens stratégiques des deux armées, de la lutte contre le terrorisme à la gestion des autres formes de criminalité transfrontalière.

La présence de hauts responsables civils et militaires des deux pays – dont le Délégué Général à la Sûreté Nationale et l’Ambassadeur du Tchad – témoigne de l’importance capitale de cet accord pour l’Afrique Centrale.

Laisser un commentaire