
« Non aux discours de haine et aux messages subliminaux » : c’est l’intitulé de la campagne nationale qui se tiendra à Yaoundé, ce 9 septembre 2025. Sous la présidence de la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, cette initiative est portée par l’Association pour la réhabilitation des réfugiés, des jeunes et des femmes. Elle a pour objectif de sensibiliser, aussi bien en présentiel qu’en ligne, un large public aux valeurs de paix, de tolérance et de cohésion sociale.
C’est une énième descente sur le terrain, du ministère des postes et télécommunications dans la ville de Yaoundé. « À la suite des instructions du chef de l’État, nous sommes engagés dans une campagne nationale de promotion de la cybersécurité et d’un usage responsable des réseaux sociaux. Dans un contexte où le Cameroun recherche la paix, cette campagne est la bienvenue », a déclaré la ministre. Dans sa leçon inaugurale, Minette Libom Li Likeng a rappelé qu’« un discours de haine désigne toute forme d’expression publique ou privée, verbale, écrite, visuelle ou symbolique, qui propage, incite ou justifie la haine à l’encontre d’un individu ou d’un groupe sur la base de critères identitaires ou sociaux ».
A en croire newsducamer, dans son allocution, Minette Libom Li Likeng a souligné la responsabilité des plateformes numériques dans la prolifération des messages nocifs : « Dans l’environnement numérique actuel, les discours de haine ne circulent pas au hasard. Leur propagation est facilitée, amplifiée et parfois même provoquée par l’architecture technique des plateformes et les mécanismes cognitifs et émotionnels propres à la sphère numérique. » Elle a rappelé que la logique des likes, des partages et des retweets favorise les contenus polarisants et émotionnels : « Un message haineux ou stigmatisant a donc plus de chances d’être diffusé qu’un message neutre ou modéré. Les algorithmes de recommandation, en cherchant à maximiser l’attention des utilisateurs, transforment ces messages en contenus viraux. »
Depuis 2019, le Code pénal prévoit des peines d’emprisonnement d’un à deux ans et une amende de 300 000 à 3 millions de francs CFA pour « celui qui, par quelque moyen que ce soit, tient des discours de haine ou procède à des incitations à la violence contre des personnes en raison de leur appartenance tribale ou ethnique ».