Le Cameroun va emprunter 36 milliards FCFA pour renforcer son éducation de base

Le président de la République, Paul Biya, a signé ce 10 septembre 2025 trois décrets autorisant la mise en œuvre du Projet d’appui à l’éducation de base au Cameroun (Paebc). Ces accords de financement totalisent plus de 36 milliards FCFA, et seront exécutés par le ministre de l’Économie, Alamine Ousmane Mey.

Depuis le 10 septembre 2025, le ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), Alamine Ousmane Mey, est autorisé, par le président de la République, à signer deux accords de prêt de 6,025 milliards Fcfa (environ 9,2 millions d’euros) chacun, soit 12,5 milliards Fcfa au total, avec la Banque islamique de développement (BID).

Le Minepat a aussi été autorisé à conclure un accord de prêt avec la Banque arabe pour le Développement économique en Afrique d’un montant de 18,078 milliards Fcfa (environ 30 millions USD). Selon les décrets du président de la République, ces ressources concessionnelles, 36 milliards Fcfa au total, vont permettre de financer le Projet d’appui à l’Éducation de Base au Cameroun (Paebc). Ce projet vise à améliorer la qualité et l’accessibilité de l’enseignement primaire dans le pays.

Crédibilité budgétaire

Les décrets du président de la République visent la loi de Finances 2025 et l’ordonnance la modifiant prise le 11 juillet 2025. Ce qui veut dire que ces ressources doivent être disponibles pour cette année. Le gouvernement, qui a fait de la crédibilité budgétaire (exécution financière et physique) l’un de ses chevaux de bataille, est ainsi pris dans un contre la montre pour l’engagement, le décaissement et l’utilisation effective de ces ressources par le Paebc avant la clôture de cet exercice budgétaire.

Pour rappel, l’allocation budgétaire de l’universalisation du cycle primaire en autorisations d’engagement et en crédits de paiement, du reste non modifié par l’ordonnance du 11 juillet 2025, se monte à 234,5 milliards Fcfa, pour un budget général (hors principal de la dette) de 5 646,14 milliards Fcfa, soit 4,15% des dépenses dudit budget général.

A en croire lesenjeuxeconomiques, il s’agit de la troisième plus grande enveloppe budgétaire parmi les programmes gouvernementaux, après les programmes relatifs à la construction des routes et des autres infrastructures (430,2 milliards Fcfa en autorisations d’engagement et 348,5 milliards Fcfa en crédits de paiement en loi de finances révisée) et à l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la vie en milieu scolaire dans le sous-secteur des enseignements secondaires (285,3 milliards Fcfa en autorisations d’engagement et en crédits de paiement).

Ces financements traduisent la volonté du Cameroun de réduire les inégalités d’accès à l’éducation, notamment en zones rurales et dans les régions fragilisées par les crises sécuritaires. Mais ils posent aussi la question de la soutenabilité de l’endettement, le pays multipliant les recours à des prêts concessionnels pour financer ses réformes sociales. L’efficacité de ces ressources dépendra donc de la capacité des pouvoirs publics à les absorber rapidement et à traduire ces investissements en résultats concrets dans les salles de classe.

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