
Le Cameroun et la Guinée équatoriale accélèrent les préparatifs en vue de la mise en valeur de leurs ressources gazières communes. À travers la Société nationale des hydrocarbures (SNH), Yaoundé joue un rôle central dans la coordination de ce dossier stratégique. Réunis le 4 novembre 2026 au siège de la SNH, les représentants des deux États ont harmonisé leurs positions sur le projet d’Accord d’Opérations de l’Unité (AOU) du projet Yoyo-Yolanda. Une étape déterminante avant les prochaines négociations avec Chevron, partenaire industriel appelé à accompagner le développement de ces gisements transfrontaliers.
Le projet gazier Yoyo-Yolanda franchit un nouveau palier sur le terrain diplomatique et technique. Le 4 novembre dernier, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) a servi de cadre à une concertation bilatérale entre le Cameroun et la Guinée équatoriale, consacrée à l’examen du projet d’Accord d’Opérations de l’Unité (AOU). L’objectif était de rapprocher les positions des deux pays sur les modalités de gestion et d’exploitation de ces ressources gazières situées de part et d’autre de leur frontière maritime.
Cette rencontre traduit le rôle stratégique de la SNH dans la conduite des dossiers énergétiques du Cameroun. En accueillant et en participant activement à ces échanges, l’entreprise publique contribue à défendre les intérêts nationaux, à assurer la coordination avec la partie équato-guinéenne et à préparer les prochaines étapes des discussions avec les partenaires industriels.
Les travaux étaient conduits, pour le Cameroun, par Nathalie Moudiki, Conseiller N2 à la SNH. La délégation de la Guinée équatoriale était, quant à elle, dirigée par Oscar Berniko, Directeur général des entités d’État et des actifs pétroliers au ministère des Hydrocarbures. Les échanges ont permis aux deux parties de consolider une position commune sur le document contractuel qui encadrera les opérations liées au développement des champs.
La SNH, cheville ouvrière de la coordination camerounaise
Au-delà de son rôle d’opérateur national dans le secteur des hydrocarbures, la SNH apparaît comme un acteur institutionnel majeur dans la préparation de ce projet. Son implication permet au Cameroun de disposer d’un cadre de concertation technique et stratégique avec son voisin, avant d’aborder les négociations avec Chevron.
L’harmonisation des positions entre les deux États constitue en effet un préalable essentiel. Dans le cadre d’un projet transfrontalier, les questions relatives à la coordination des opérations, à la répartition des responsabilités, aux investissements et aux conditions d’exploitation nécessitent une approche concertée.
La SNH contribue ainsi à préparer les conditions d’une négociation cohérente avec le partenaire industriel. L’enjeu est notamment de veiller à ce que les intérêts économiques et stratégiques du Cameroun soient pris en compte dans les futurs arrangements opérationnels. Cette démarche prend également une dimension particulière dans un contexte où les États producteurs cherchent à optimiser la valorisation de leurs ressources naturelles et à renforcer leur maîtrise des projets énergétiques.
Yoyo-Yolanda, une coopération construite sur des accords bilatéraux
Le rapprochement entre Yaoundé et Malabo ne date pas d’hier. Il s’inscrit dans le prolongement de l’accord bilatéral signé le 17 mars 2023 à Yaoundé par les présidents Paul Biya et Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. Ce cadre de coopération a posé les bases d’une collaboration entre les deux pays pour la mise en valeur de leurs ressources pétrolières et gazières communes.
Une nouvelle avancée a été enregistrée le 3 février 2026 à Malabo avec la signature de l’Accord d’Unitisation, sous les auspices du vice-président équato-guinéen. Ce dispositif constitue un instrument important pour organiser le développement coordonné de gisements qui dépassent les frontières maritimes nationales. La réunion organisée au siège de la SNH vient donc consolider cette architecture de coopération. Elle prépare le passage à une phase davantage opérationnelle, avec la perspective de discussions approfondies avec Chevron.
Des retombées économiques attendues pour les deux pays
L’intérêt du projet Yoyo-Yolanda dépasse largement les considérations techniques et contractuelles. La valorisation des réserves gazières transfrontalières pourrait ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour le Cameroun et la Guinée équatoriale. Dans un contexte marqué par la recherche de sources d’énergie compétitives et la nécessité de soutenir le développement industriel, l’exploitation de ces ressources représente une opportunité stratégique. Le gaz naturel peut notamment contribuer à renforcer l’approvisionnement des industries, soutenir la production d’électricité et favoriser l’émergence de nouvelles activités économiques.
Pour les deux États, la mutualisation des efforts présente également un avantage économique : elle permet d’envisager une exploitation coordonnée de ressources communes plutôt que de développer séparément des opérations susceptibles de se chevaucher ou de générer des contraintes techniques supplémentaires.
La participation de Chevron aux prochaines discussions sera donc particulièrement importante. L’entreprise constitue un partenaire industriel dont l’expertise et les capacités d’investissement pourraient contribuer à faire évoluer le projet vers sa phase de développement.
De l’entente diplomatique à la concrétisation industrielle
Si l’harmonisation des positions constitue une avancée encourageante, plusieurs étapes restent à franchir avant la concrétisation du projet. Les négociations avec Chevron devront notamment permettre de progresser sur les dispositions opérationnelles, les responsabilités des différents intervenants et les conditions économiques de mise en œuvre.
Dans ce processus, la SNH aura un rôle déterminant à jouer pour accompagner les discussions et préserver les intérêts du Cameroun. Sa capacité à assurer le lien entre les autorités publiques, la partie équato-guinéenne et le partenaire industriel sera un élément important de la réussite du projet.
Avec Yoyo-Yolanda, la SNH contribue ainsi à positionner le Cameroun dans une dynamique de coopération énergétique régionale fondée sur la valorisation concertée des ressources naturelles. Au-delà du rapprochement entre Yaoundé et Malabo, l’enjeu est désormais de transformer les accords politiques et les avancées techniques en un projet gazier opérationnel, capable de générer des retombées économiques durables pour les deux pays.