
Face à l’aggravation des besoins humanitaires et à la baisse des financements destinés aux réfugiés, le Cameroun appelle ses partenaires internationaux à renforcer leur solidarité envers les pays qui accueillent des populations déplacées. Ce plaidoyer a été porté le 12 octobre 2026 à Genève, en Suisse, par le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, représentant du président de la République, Paul Biya, à la 77e session du Comité exécutif du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Le pays réaffirme, à cette occasion, son engagement en faveur du Pacte mondial sur les réfugiés et plaide pour une mobilisation financière plus prévisible et plus efficace.
La question du partage des responsabilités dans la prise en charge des réfugiés s’impose au cœur des discussions internationales. Alors que les besoins de protection et d’assistance continuent de croître dans plusieurs régions du monde, les ressources consacrées à l’aide humanitaire connaissent une contraction qui fragilise les dispositifs de soutien aux populations contraintes de fuir leur pays.
C’est dans ce contexte que le Cameroun a fait entendre sa voix lors de la 77e session du Comité exécutif du HCR, tenue à Genève. S’exprimant au nom du chef de l’État, Paul Biya, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a attiré l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontés les pays d’accueil, appelés à répondre à des besoins croissants avec des moyens financiers de plus en plus limités.
Pour le Cameroun, cette situation représente un défi important. Le pays accueille environ 500 000 réfugiés et 20 000 demandeurs d’asile, en majorité originaires des États voisins. La présence de ces populations implique des besoins continus en matière de protection, d’accès aux services essentiels et d’accompagnement humanitaire. Dans un contexte de diminution de l’aide extérieure, la charge supportée par les autorités nationales s’alourdit, malgré les efforts consentis pour assurer la prise en charge des personnes en quête de refuge.
Face à cette réalité, Yaoundé plaide pour une solidarité internationale plus soutenue et mieux répartie entre les différents acteurs. Le ministre invite notamment les partenaires au développement à accroître leur contribution au financement des opérations humanitaires dans les pays d’accueil. Il insiste également sur la nécessité de rendre les engagements financiers plus lisibles et accessibles, afin de permettre aux acteurs concernés d’anticiper les ressources disponibles et d’intervenir avec davantage de rapidité et d’efficacité.
Au-delà de l’augmentation des financements, cette démarche met en lumière la nécessité d’une meilleure prévisibilité de l’aide. Pour les pays qui accueillent un nombre important de réfugiés, la connaissance des ressources mobilisables constitue un élément déterminant dans la planification des programmes d’assistance. Une telle visibilité permettrait de mieux organiser les interventions, de limiter les ruptures dans la fourniture de l’aide et de renforcer la continuité des services destinés aux populations vulnérables.
Le Cameroun réaffirme, dans le même temps, sa volonté de prendre sa part dans l’effort international de protection. Son engagement en faveur de la mise en œuvre du Pacte mondial sur les réfugiés traduit son adhésion au principe d’une responsabilité partagée entre les pays d’origine, les pays d’accueil et les partenaires internationaux. Pour les autorités camerounaises, la gestion des déplacements forcés ne saurait reposer exclusivement sur les États qui ouvrent leurs frontières aux personnes en quête de sécurité.
Le retour volontaire, une voie privilégiée
Sur le volet des solutions durables, le Cameroun met en avant le retour volontaire des réfugiés dans leur pays d’origine, à condition que celui-ci s’effectue dans des conditions garantissant leur sécurité et leur dignité. Cette approche s’inscrit dans la recherche de réponses pérennes aux situations d’exil, lorsque les circonstances permettent aux personnes concernées de regagner leur pays sans contrainte et avec les garanties nécessaires.
Pour concrétiser cette orientation, le pays a conclu deux accords tripartites avec le HCR et les États concernés. Le premier, signé en 2017 avec le Nigeria et le HCR, porte sur la situation des réfugiés nigérians. Le second associe la République centrafricaine et le HCR. Ces cadres de coopération visent à encadrer les opérations de rapatriement volontaire et à favoriser leur déroulement dans des conditions appropriées.
Dans le cas des réfugiés centrafricains, le Cameroun indique avoir contribué, ces dernières années, au retour volontaire de plusieurs groupes de personnes vers leur pays d’origine. Ces opérations illustrent la place accordée à la coopération régionale dans la recherche de solutions aux déplacements forcés, même si le retour demeure tributaire des conditions de sécurité et de la situation dans les zones concernées.
Le plaidoyer porté à Genève repose ainsi sur une double exigence : renforcer les moyens disponibles pour protéger les réfugiés dans les pays d’accueil et soutenir la recherche de solutions durables adaptées à chaque situation. Pour le Cameroun, l’efficacité de la réponse humanitaire dépendra autant de l’engagement des États d’accueil que de la capacité des partenaires internationaux à maintenir un soutien financier régulier et à accompagner les initiatives de retour volontaire lorsque les conditions le permettent.
À travers cette prise de position, Yaoundé entend rappeler que la protection des réfugiés constitue une responsabilité collective. Dans un environnement marqué par la multiplication des besoins et la raréfaction des financements, le renforcement de la solidarité internationale apparaît comme un enjeu essentiel pour préserver les mécanismes d’assistance et soutenir les pays qui continuent d’accueillir des populations en quête de protection.