Cameroun : la Police nationale au cœur du dispositif de protection des réfugiés

Face à la présence de plus de 413 000 réfugiés et de près de 18 000 demandeurs d’asile sur son territoire, le Cameroun renforce les compétences de ses forces de sécurité en matière de protection internationale. Depuis le 13 octobre 2026, un atelier de formation se tient à l’École nationale supérieure de police de Yaoundé, à l’initiative du Secrétariat technique des organes de gestion du statut des réfugiés, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’objectif est de mieux outiller les policiers et les agents chargés du contrôle des frontières pour garantir le respect des droits des personnes contraintes de quitter leur pays.

La protection des réfugiés constitue un enjeu majeur pour le Cameroun, pays confronté à des besoins humanitaires importants liés aux déplacements forcés de populations. Dans ce contexte, les forces de sécurité occupent une place stratégique, notamment lors des contrôles aux frontières, de l’accueil des personnes en quête de protection et de l’orientation des demandeurs d’asile vers les services compétents.

C’est dans cette perspective que le Secrétariat technique des organes de gestion du statut des réfugiés, avec l’appui du HCR, a engagé une initiative de renforcement des capacités destinée aux officiers de police, aux personnels de la police des frontières et aux agents des services de l’immigration. Organisée à l’École nationale supérieure de police de Yaoundé depuis le 13 octobre 2026, cette session entend améliorer la compréhension des règles encadrant la prise en charge des réfugiés et des demandeurs d’asile.

Au centre des échanges figurent les dispositions du droit international et de la législation nationale relatives aux réfugiés, les mécanismes d’accès à l’asile, ainsi que les droits et obligations des personnes bénéficiant d’une protection. Une attention particulière est également accordée aux personnes présentant des besoins spécifiques, notamment celles dont la vulnérabilité nécessite une assistance adaptée.

Au-delà de l’acquisition de connaissances juridiques, cette formation vise à promouvoir des pratiques professionnelles conciliant les exigences de sécurité avec les obligations de protection des droits humains. Pour les agents de terrain, la maîtrise des procédures d’asile est essentielle afin d’identifier les personnes susceptibles d’avoir besoin d’une protection internationale et d’éviter que les opérations de contrôle ne compromettent l’exercice de leurs droits.

Les échanges engagés avec les responsables de l’École nationale supérieure de police ont, par ailleurs, souligné l’importance de pérenniser cette démarche. La mise en place d’un dispositif de formation de formateurs au sein de la Police nationale apparaît ainsi comme une piste pour transmettre durablement les connaissances acquises et intégrer les questions liées à la protection internationale dans les programmes de formation des policiers.

Cette orientation permettrait de dépasser le cadre d’un atelier ponctuel en favorisant la diffusion des bonnes pratiques auprès d’un plus grand nombre d’agents. Elle contribuerait également à renforcer la cohérence des interventions des services de sécurité dans la gestion des situations impliquant des réfugiés et des demandeurs d’asile.

À travers cette initiative, le Cameroun entend consolider les compétences de ses acteurs de sécurité face aux défis liés aux déplacements forcés. L’enjeu est de faire en sorte que la gestion des frontières et les impératifs de maintien de l’ordre s’exercent dans le respect des engagements de protection, afin que les personnes en quête de refuge puissent être accueillies et orientées conformément aux règles applicables.

Dans un contexte où les besoins de protection demeurent considérables, le renforcement des connaissances des forces de sécurité constitue ainsi un levier important pour promouvoir une prise en charge plus adaptée, prévenir les atteintes aux droits fondamentaux et améliorer la réponse apportée aux populations déplacées.

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