Gisèle Pouhe Njall : du combat communautaire à l’Assemblée nationale du Québec

De l’engagement citoyen à la politique, la Canado-Camerounaise franchit un nouveau cap à Québec. Le 5 octobre 2026 restera comme une date importante dans le parcours de Gisèle Pouhe Njall. La Canado-Camerounaise, installée au Québec depuis 2008, a été élue députée de Rosemont sous les couleurs de Québec solidaire. Avec 39,2 % des suffrages, elle s’impose dans cette circonscription montréalaise et permet à sa formation politique de conserver le siège occupé depuis 2018 par Vincent Marissal.

Cette entrée à l’Assemblée nationale du Québec ne constitue toutefois pas une rupture avec son parcours. Elle apparaît plutôt comme le prolongement politique d’un engagement amorcé depuis plusieurs années dans le milieu communautaire, auprès des jeunes et dans la prévention des violences sexuelles.

Un parcours construit entre journalisme et action communautaire

Avant de se lancer dans la politique active, Gisèle Pouhe Njall s’est d’abord formée au journalisme. Arrivée au Québec en 2008 pour y poursuivre ses études, elle obtient un baccalauréat dans ce domaine. Mais plutôt que de s’orienter durablement vers les salles de rédaction, elle choisit progressivement le terrain communautaire.

Ses premières expériences l’amènent notamment à travailler auprès de la jeunesse et sur les questions liées à l’éducation, à l’inclusion et à la représentativité. Elle participe également à la création du Projet Noor, consacré à la mise en valeur de l’engagement de femmes racisées.

Au fil des années, son engagement se consolide. Elle s’intéresse notamment au développement économique communautaire et multiplie les responsabilités dans différents organismes. Son parcours témoigne ainsi d’un engagement qui s’est construit au contact direct des communautés.

 La prévention des violences sexuelles au cœur de son engagement

C’est dans cette continuité qu’elle prend une place importante au sein du Collectif Social, un organisme engagé notamment dans la prévention des violences sexuelles dans les milieux festifs et auprès des jeunes de 18 à 35 ans.

Gisèle Pouhe Njall y évolue d’abord comme chargée de projet avant de devenir directrice générale. Dans cette fonction, elle participe à la mise en œuvre de projets visant à sensibiliser les communautés et à favoriser la création d’environnements plus sûrs et respectueux.

Cette expérience lui permet également de côtoyer au quotidien des problématiques sociales concrètes : violence, exclusion, accès aux services, logement ou encore inégalités. Autant de réalités qui nourrissent par la suite son engagement politique.

Rosemont, un territoire devenu terre d’ancrage

Son histoire avec Rosemont est également celle d’un enracinement. Après son arrivée au Québec, Gisèle Pouhe Njall choisit de s’établir dans ce quartier montréalais, où elle fonde sa famille et développe une partie importante de son engagement citoyen.

Lors de la campagne électorale, elle place notamment le coût de la vie, l’accès au logement et la protection du pouvoir d’achat parmi ses priorités pour les résidents de la circonscription. Québec solidaire présente également son engagement autour de l’idée d’un quartier où chacun doit pouvoir vivre dignement et participer pleinement à la vie collective. Son élection prend ainsi une dimension particulière : elle ne découvre pas Rosemont depuis la politique, mais y entre à l’Assemblée nationale après y avoir vécu et milité.

Une première élection, un nouveau chapitre

L’élection du 5 octobre marque également un moment singulier dans son parcours citoyen. Selon les informations publiées à propos de son parcours, elle avait obtenu la citoyenneté canadienne en 2023 et cette élection provinciale constituait son premier scrutin de ce niveau au Canada.

Quelques années seulement après avoir obtenu sa citoyenneté, elle franchit donc une nouvelle étape en devenant parlementaire. Avec 39,2 % des suffrages, elle devance son principal adversaire, Pierre-Luc Brillant du Parti québécois, et conserve à Québec solidaire la circonscription de Rosemont.

Pour la formation politique, son arrivée s’inscrit dans une volonté de faire une place à des profils issus notamment du milieu communautaire et de la société civile. Pour Gisèle Pouhe Njall, il s’agit désormais de transformer son expérience du terrain en action parlementaire.

Une voix issue de la société civile à l’Assemblée

Son passage du communautaire à l’Assemblée nationale pose une nouvelle étape dans son parcours. Pendant plus d’une décennie, elle a travaillé au contact des organismes, des jeunes et de différentes communautés. Elle devra désormais porter ces réalités dans une institution politique où se prennent les décisions qui concernent l’ensemble du Québec.

Son arrivée est aussi observée avec intérêt par la communauté camerounaise et, plus largement, par les communautés issues de l’immigration. Son parcours, de ses origines franco-camerounaises à son installation au Québec, puis de l’action communautaire à la politique, illustre un cheminement marqué par l’engagement citoyen.

À l’Assemblée nationale, Gisèle Pouhe Njall entend désormais inscrire cette expérience dans son mandat. Son discours de campagne insistait notamment sur la nécessité de ne laisser personne de côté et de permettre à chaque personne de contribuer pleinement à la société. Après les années consacrées au terrain, une nouvelle responsabilité commence donc pour la nouvelle députée de Rosemont : faire entendre, au cœur de l’institution parlementaire québécoise, les préoccupations des citoyens qu’elle représente.

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