Cameroun : le gouvernement lance une mission interministérielle sur les sites de la Sosucam après le gel de la cession

Après avoir obtenu du groupe français Somdia la suspension de toute opération liée à la cession de sa participation majoritaire dans la Société sucrière du Cameroun (Sosucam), le gouvernement camerounais entend désormais évaluer directement la situation sur le terrain. Une mission interministérielle doit se rendre sur les sites de Mbandjock et de Nkoteng afin d’examiner les enjeux industriels, économiques et sociaux liés à l’avenir de l’entreprise.

Le dossier Sosucam prend une nouvelle tournure au Cameroun. Alors que le groupe français Somdia envisageait de céder sa participation de 82 % dans le capital de la Société sucrière du Cameroun, les autorités de Yaoundé ont demandé la suspension de toute démarche engagée dans le cadre de cette opération.

Le gouvernement souhaite désormais prendre le temps d’examiner les différentes implications d’une éventuelle évolution de l’actionnariat de l’entreprise. Dans cette perspective, une mission interministérielle exploratoire est annoncée sur les deux principaux sites de production de Sosucam, à Mbandjock et Nkoteng, dans la région du Centre.

Cette descente sur le terrain devrait permettre aux représentants de l’État de disposer d’une vision plus précise de la situation de l’entreprise. Les questions liées aux capacités de production, aux infrastructures, aux investissements nécessaires, mais également aux conditions de travail et à l’impact de Sosucam sur les économies locales devraient figurer parmi les principaux sujets examinés.

L’enjeu dépasse en effet la seule question de la propriété du groupe sucrier. Sosucam occupe une place importante dans la filière sucrière camerounaise et contribue à l’approvisionnement du marché national. Son activité mobilise également un important réseau de travailleurs, de producteurs et de prestataires, notamment dans les zones de Mbandjock et de Nkoteng.

Dans ce contexte, la décision de suspendre le processus de cession traduit la volonté des pouvoirs publics de mieux apprécier les conséquences économiques et sociales d’un éventuel changement d’actionnaire. Pour Yaoundé, il s’agit notamment de préserver les intérêts stratégiques du Cameroun dans une filière considérée comme importante pour la réduction de la dépendance aux importations de sucre.

La mission interministérielle pourrait ainsi constituer une première étape vers une clarification de la position de l’État sur l’avenir de Sosucam. L’objectif serait de recueillir des données directement auprès des responsables de l’entreprise et des différents acteurs présents sur les sites, avant d’envisager les prochaines décisions.

Au-delà de la procédure de cession, le dossier pose donc la question de la stratégie à long terme du Cameroun pour sa filière sucrière. Le gouvernement devra notamment déterminer quelles garanties seraient nécessaires pour maintenir les investissements, préserver les emplois et assurer la continuité de la production en cas de changement dans la structure du capital.

La visite annoncée à Mbandjock et Nkoteng devrait, à ce titre, être particulièrement suivie. Elle permettra aux autorités de confronter les données disponibles à la réalité opérationnelle de Sosucam et pourrait contribuer à définir les contours de la prochaine étape dans ce dossier désormais placé sous étroite surveillance gouvernementale.

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