
Des responsables gouvernementaux, experts et représentants des institutions économiques d’Afrique centrale sont réunis à Yaoundé dans le cadre d’un séminaire régional consacré au renforcement des capacités des Comités nationaux de mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cette rencontre vise à lever les obstacles qui freinent encore l’intégration commerciale de la sous-région et à permettre aux États de mieux tirer parti des opportunités offertes par le plus vaste marché commun du continent.
La capitale camerounaise accueille, du 4 au 7 août, un séminaire régional consacré à la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), une initiative qui ambitionne de transformer les échanges économiques sur le continent. Organisée par le Bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), cette rencontre rassemble les responsables des Comités nationaux chargés du déploiement de l’accord dans les pays d’Afrique centrale.
L’objectif principal de ces travaux est de renforcer les compétences des acteurs nationaux appelés à piloter l’application de la ZLECAf. Les participants échangent sur les mécanismes permettant d’accélérer l’intégration commerciale, d’améliorer la coordination entre les administrations publiques et de créer un environnement plus favorable aux entreprises désireuses de conquérir les marchés africains.
Les discussions portent sur plusieurs axes stratégiques jugés déterminants pour le succès de la ZLECAf. Parmi eux figurent le développement du commerce numérique, la suppression des barrières non tarifaires qui ralentissent les échanges, le financement des entreprises, la promotion de chaînes de valeur régionales ainsi que le renforcement de l’inclusion économique, notamment au profit des petites et moyennes entreprises et des jeunes entrepreneurs.
Les experts accordent également une attention particulière à la gouvernance des Comités nationaux de mise en œuvre. Une meilleure coordination entre les ministères, les administrations douanières, les organisations patronales et le secteur privé est considérée comme essentielle pour traduire les engagements pris au niveau continental en résultats concrets sur le terrain.
Pour les organisateurs, l’un des défis majeurs consiste à réduire les nombreux obstacles qui continuent de freiner le commerce entre les pays d’Afrique centrale. Malgré la proximité géographique et l’existence de plusieurs organisations d’intégration régionale, les échanges commerciaux entre les États de la sous-région restent parmi les plus faibles du continent, représentant moins de 3 % de leur commerce total.
Cette situation s’explique notamment par la persistance de barrières administratives, les difficultés logistiques, l’insuffisance des infrastructures de transport, la faible industrialisation de plusieurs économies et le manque de diversification des productions nationales. Ces contraintes limitent la compétitivité des entreprises locales et réduisent leur capacité à profiter pleinement des opportunités offertes par le marché continental.
Les enjeux sont particulièrement importants
Entrée en vigueur en 2021, la ZLECAf constitue aujourd’hui le plus vaste espace de libre-échange au monde en nombre de pays participants. Elle regroupe la quasi-totalité des États africains et ouvre l’accès à un marché de plus de 1,4 milliard de consommateurs, représentant un produit intérieur brut cumulé estimé à près de 3 400 milliards de dollars. Son ambition est de favoriser la libre circulation des biens et des services, de stimuler les investissements, de renforcer les chaînes de valeur africaines et d’accélérer l’industrialisation du continent.
Pour les pays d’Afrique centrale, les enjeux sont particulièrement importants. La région dispose d’abondantes ressources naturelles et d’un important potentiel agricole, énergétique et industriel, mais demeure confrontée à une faible intégration économique. Une mise en œuvre efficace de la ZLECAf pourrait contribuer à diversifier les économies, développer la transformation locale des matières premières, créer davantage d’emplois et réduire la dépendance vis-à-vis des marchés extérieurs.
À travers ce séminaire de Yaoundé, la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique entend ainsi doter les États d’outils plus performants pour accélérer l’application de l’accord. L’objectif est de faire de la ZLECAf non seulement un cadre juridique d’intégration, mais surtout un véritable levier de croissance, de compétitivité et de développement durable pour l’Afrique centrale.