Séjour prolongé de Paul Biya en Suisse : les interrogations se multiplient autour de son retour au Cameroun

Plus de 52 jours après son départ pour la Suisse, le président camerounais Paul Biya n’a toujours pas regagné le pays. Cette longue absence alimente les spéculations sur son état de santé et suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique. En l’absence de communication officielle détaillée sur les raisons de ce séjour prolongé, les commentaires et analyses se multiplient.

Le chef de l’État camerounais a quitté Yaoundé le 7 juin pour un séjour en Suisse. Il était accompagné de la Première dame, Chantal Biya, ainsi que de plusieurs proches collaborateurs, parmi lesquels le directeur du Cabinet civil de la Présidence, Samuel Mvondo Ayolo, et le vice-amiral Joseph Fouda.

Depuis son arrivée à Genève, où il séjourne selon plusieurs médias, aucune date officielle de retour n’a été annoncée par les autorités camerounaises. Cette situation continue d’alimenter les débats, tant sur la scène politique que dans l’opinion publique.

Des spéculations persistantes sur son état de santé

Le silence observé par les autorités sur les motivations de ce long séjour a laissé place à de nombreuses spéculations. Certains médias évoquent un éventuel problème de santé qui aurait précédé le déplacement du président en Suisse. Ces informations n’ont toutefois pas été confirmées officiellement par la présidence de la République.

Cette absence prolongée intervient dans un contexte où les déplacements du chef de l’État et sa santé font régulièrement l’objet de commentaires, en raison notamment de son âge et de la discrétion qui entoure ses activités.

Au-delà des questions liées à la santé du président, ce séjour prolongé relance le débat sur le fonctionnement des institutions et la continuité de l’action gouvernementale. Plusieurs observateurs s’interrogent sur les modalités de gestion des dossiers prioritaires pendant cette période d’absence.

À ce stade, aucune déclaration officielle ne permet de préciser la durée du séjour du président en Suisse ni la date de son éventuel retour au Cameroun. En attendant une communication des autorités, les spéculations continuent d’alimenter les discussions dans les milieux politiques et au sein de l’opinion.

Grégoire Owona dénonce les « marchands d’illusions »

Face aux nombreuses rumeurs circulant sur les réseaux sociaux et dans certains médias, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a choisi de prendre publiquement la parole. Sur ses plateformes de communication, le secrétaire général adjoint du RDPC a dénoncé ce qu’il qualifie de manipulations orchestrées par ceux qui annoncent régulièrement, selon lui, le départ ou la disparition politique du président.

Pour Grégoire Owona, ces spéculations relèvent davantage d’une stratégie de déstabilisation que d’une analyse fondée sur des faits. Il affirme que les institutions de l’État continuent de fonctionner normalement et invite les Camerounais à ne pas accorder de crédit aux informations non confirmées. Il indique surtout que le président Paul Biya, comme tous les travailleurs camerounais, peut s’accorder les congés allant jusqu’à 80 jours!

Selon lui, les adversaires du régime exploitent chaque déplacement du chef de l’État pour alimenter des rumeurs qui, à plusieurs reprises par le passé, se sont révélées infondées.

Jacques Fame Ndongo appelle au respect des institutions

De son côté, le ministre d’État, ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo, également responsable de la communication du Comité central du RDPC, adopte une posture similaire. Il estime que les débats autour de l’absence du président sont souvent nourris par des considérations politiques plutôt que par des éléments objectifs.

Dans ses différentes interventions, il rappelle que Paul Biya demeure le président de la République, investi de toutes ses prérogatives constitutionnelles, indépendamment de son lieu de séjour. Pour Jacques Fame Ndongo, le fonctionnement des institutions ne saurait être remis en cause tant que le chef de l’État exerce ses responsabilités conformément aux dispositions prévues par la Constitution.

Le ministre insiste également sur la nécessité de préserver la stabilité des institutions et de faire preuve de responsabilité dans la diffusion des informations relatives au président de la République.

Entre attente et incertitudes

Malgré les appels au calme lancés par plusieurs responsables gouvernementaux, l’absence prolongée du chef de l’État continue de susciter des interrogations, aussi bien au Cameroun qu’à l’étranger. L’absence d’une communication officielle précisant les raisons de ce séjour ou annonçant une date de retour entretient les spéculations.

Dans ce contexte, les déclarations de Grégoire Owona et de Jacques Fame Ndongo traduisent la volonté de l’exécutif de rassurer l’opinion publique et de défendre la stabilité institutionnelle. Toutefois, une clarification officielle sur le calendrier du retour du président apparaît, pour de nombreux observateurs, comme le meilleur moyen de mettre fin aux rumeurs qui persistent depuis plusieurs semaines.

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