Cameroun : le procès des détenus des contestations post-électorales accéléré avec la nomination de nouveaux juges

Face à l’ampleur du dossier et à la lenteur des procédures, le tribunal militaire de Yaoundé a décidé de renforcer l’équipe chargée d’examiner les affaires liées aux manifestations post-électorales de 2025. Cette mesure vise à réduire les délais de jugement des 146 personnes poursuivies depuis plusieurs mois.

Le procès des personnes arrêtées à la suite des contestations de l’élection présidentielle du 12 octobre 2025 connaît un nouveau tournant. Réuni le 11 juin 2026, le tribunal militaire de Yaoundé a examiné plusieurs dossiers concernant les 146 accusés interpellés après les manifestations organisées à la fin du mois d’octobre dernier.

Les prévenus sont poursuivis pour diverses infractions, notamment la propagation de fausses informations, l’attroupement illégal, la rébellion et d’autres faits liés aux troubles ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle. Plusieurs mois après l’ouverture du procès, la majorité d’entre eux restent toutefois dans l’attente d’une décision de justice.

Lors de cette nouvelle audience, qui s’est étendue sur plus de huit heures, les avocats de la défense ont présenté leurs arguments dans un nombre limité de dossiers. Selon le collectif chargé de représenter les détenus, seuls quelques accusés ont pu être entendus au fond, illustrant la complexité et la lourdeur de cette procédure judiciaire de grande ampleur.

D’après les conseils de la défense, les 146 prévenus sont répartis dans sept affaires distinctes. Trois de ces dossiers ont déjà franchi l’étape des plaidoiries et les décisions sont désormais attendues le 9 juillet prochain. Ces premières délibérations concerneront sept personnes.

Face au rythme actuel des audiences, organisées seulement une fois par mois, les avocats ont estimé qu’il faudrait encore plusieurs mois avant que l’ensemble des dossiers ne soit examiné. Pour éviter un allongement excessif de la procédure, ils ont sollicité la désignation de magistrats supplémentaires.

Le tribunal a donné une suite favorable à cette demande. Deux nouvelles formations judiciaires seront chargées d’examiner certaines affaires, notamment celles regroupant 29 et 46 accusés. Cette réorganisation devrait permettre un traitement simultané des dossiers et accélérer la tenue des audiences ainsi que le prononcé des décisions.

Les prochaines échéances judiciaires ont été fixées aux 22 et 24 juin pour deux affaires, tandis qu’un troisième dossier reviendra devant les juges le 9 juillet. Ces rendez-vous seront particulièrement suivis par les familles des détenus et les organisations de défense des droits humains qui continuent de s’intéresser à l’évolution de cette procédure.

Les personnes concernées avaient été arrêtées dans le contexte des manifestations organisées après la publication des résultats de l’élection présidentielle de 2025. Ces résultats avaient confirmé la victoire du président Paul Biya, un verdict contesté par plusieurs acteurs politiques et une partie de l’opposition, à l’origine de rassemblements qui avaient conduit à de nombreuses interpellations à travers le pays.

Laisser un commentaire