
Les jeunes Camerounais, confrontés à un taux de chômage élevé et à un manque d’alternance politique, manifestent de la résignation face à la présidentielle d’octobre 2025, aggravée par l’invalidation de Maurice Kamto, principal opposant.
Cette frustration est alimentée par les doutes sur la sincérité des soutiens à Paul Biya et par la fragmentation de l’opposition, rendant la perspective d’un changement plus difficile, selon des observateurs et de jeunes Camerounais. En effet, le Pr Maurice Kamto écarté, une bonne partie de la jeunesse camerounaise ne croit plus en la légitimité de la prochaine élection présidentielle, pour laquelle le président sortant, Paul Biya, 92 ans, dont 43 passés à la tête de l’État, apparait comme le futur vainqueur d’un scrutin sans suspens.
« Je suis bel et bien intéressé par la chose politique de mon pays, puisque notre avenir en dépend. Mais il y a un certain nombre de choses que nous attendons encore avant de prendre position. » Ce jeune vendeur à la sauvette, à Douala, reste hésitant sur son engagement politique. D’autres semblent même abattus, dépassés par les événements.
A en croire le journaliste Henri Fotso, depuis le rejet de la candidature du leader de l’opposition, Maurice Kamto, auquel s’est ajouté l’incapacité des onze autres candidats à faire front commun contre Paul Biya, une certaine démotivation est palpable au sein de la population.
Boycott
Désormais, la tendance au boycott du scrutin du 12 octobre prochain est présente dans les conversations. Florent Siewe, jeune leader associatif, affirme que certains jeunes, déçus, ont même déjà déchiré leur carte d’électeur. « Il faut le reconnaître, l’engouement aujourd’hui n’est plus le même au sein de l’opinion publique camerounaise concernant l’élection présidentielle du 12 octobre prochain. Il y en a qui ont même carrément déchiré leur carte d’électeur. »
« Nous attendons le mot d’ordre que le président Maurice Kamto va donner, pour voir si on s’intéresse à nouveau à ça ou pas. Parce que, s’il ne dit rien, je vous garantis que beaucoup de Camerounais n’iront pas aux urnes. » Le jeune Florent lance alors un appel à la communauté internationale, pour aider le Cameroun à organiser une élection présidentielle avec Maurice Kamto. « Nous souhaitons vivement que, comme elle l’a fait pour la Côte d’Ivoire, l’Onu, si elle veut voir une élection crédible se dérouler au Cameroun, le 12 octobre prochain, exige la réintégration de Maurice Kamto parmi les candidats à cette élection présidentielle. C’est un appel de la jeunesse camerounaise et du peuple entier. »