
Pour accélérer la remise à niveau du réseau routier en 2026, le ministère des Travaux publics (MINTP) mise sur une stratégie multi-axes alliant investissements massifs, réformes institutionnelles et priorisation des corridors stratégiques. Le MINTP bénéficie d’une enveloppe record de 651 milliards FCFA pour 2026, soit le plus gros budget de l’État, afin de financer la construction et la réhabilitation de plus de 1500 km de routes.
Le ministère des Travaux publics prévoit d’affecter plus de 92 % de son budget à la construction, la réhabilitation et l’entretien des routes à travers le pays. Cette enveloppe couvre à la fois la poursuite des chantiers en cours et le lancement de nouveaux projets dans le cadre du Programme d’investissement public. Les autorités veulent également accroître la part des ressources transférées aux communes pour consolider l’entretien du réseau local et améliorer la mobilité dans les zones rurales et urbaines.
Les conférences budgétaires tenues avec le ministère des Finances et celui de l’Économie ont permis de définir les priorités de l’exercice 2026. Les discussions ont porté sur la répartition des crédits, la digitalisation du suivi des chantiers et la transparence dans la gestion des fonds publics. Dans un communiqué publié le 4 février, le ministère annonce des actions prioritaires sur plusieurs corridors : Yaoundé–Douala, Bekoko–Pont du Nkam–Bandjoun, Yaoundé–Ayos–Bonis, Bertoua–Garoua-Boulaï, Édéa–Kribi et Békoko–Limbe–Idenau.
Cette orientation s’inscrit dans un contexte contrasté. Selon les données officielles, 2 460 km ont déjà été bitumés sur les 3 000 km programmés par la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30). Mais la dégradation de certaines routes reste préoccupante et pèse directement sur les délais de transport, la sécurité et les coûts d’acheminement.
L’axe Yaoundé–Douala
La remise à niveau de la route Yaoundé–Douala demeure une priorité pour le Gouvernement, au regard de l’état de dégradation avancée de cet axe stratégique. C’est dans cette dynamique que le Ministre des Travaux Publics, Emmanuel Nganou Djoumessi , a présidé, le 30 décembre 2025, une concertation qui s’inscrit dans la continuité des échanges engagés depuis plusieurs semaines en vue du démarrage des travaux sur cet axe.
En attendant la mobilisation des financements des Partenaires Techniques et Financiers, le Gouvernement a décidé d’engager, à court terme, des actions d’amélioration sur financement interne. Cette option vise à stopper la dégradation de la chaussée, en améliorant les conditions de circulation sur tout l’itinéraire. À cet effet, le Dossier d’Appel d’Offres relatif à ces opérations est attendu dans les prochains jours et les entreprises disposant d’une expertise avérée et de capacités financières suffisantes sont invitées à y souscrire.
Des chantiers déjà engagés
Le ministère des Travaux souligne que certains travaux sont déjà en cours, notamment sur Mora–Dabanga–Kousseri (205 km) et Ngaoundéré–Garoua (242 km). Le premier tronçon, financé par la Banque mondiale à hauteur d’environ 200 milliards de FCFA (soit 330 millions de dollars), vise principalement le désenclavement de la région de l’Extrême-Nord.
A en croire Stopblablacar, le second axe représente un coût global de 221,5 milliards de FCFA, financé par la Banque africaine de développement (208,7 milliards de FCFA), le Fonds africain de développement (8 milliards de FCFA) et une contribution de l’État camerounais de 4,8 milliards de FCFA. Il doit améliorer la liaison entre les régions de l’Adamaoua et du Nord, avec un effet attendu sur la circulation des personnes et des marchandises.
La Conférence semestrielle des services centraux et déconcentrés du Mintp, prévue les 5 et 6 février 2026, mettra l’accent sur la gouvernance des projets routiers, l’utilisation de matériaux locaux, la contractualisation et le suivi des travaux. Elle devra aussi « arrêter les mesures optimales pour une meilleure implémentation des techniques HIMO dans l’exécution des projets routiers », un levier souvent mobilisé pour concilier entretien, coûts et emploi.